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Table ronde sur les projets du Plan Sénégal Emergent (PSE)

Discours de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE

  • Mesdames, Messieurs les Ministres,
  • Monsieur l’Ambassadeur de France au Sénégal,
  • Mesdames, Messieurs les membres du Corps diplomatique accrédité au Sénégal,
  • Mesdames, Messieurs les membres de la délégation et du secteur privé français,
  • Mesdames, Messieurs les Représentants du secteur privé sénégalais,
  • Mesdames, Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,
  • Mesdames, Messieurs,
  • Chers invités,

Je tiens d’abord à souhaiter la chaleureuse bienvenue aux membres de la délégation et du secteur privé français. C’est avec plaisir que nous vous recevons à Dakar, à l’occasion de cette Table ronde sur les projets du Plan Sénégal Emergent.

Ce rendez-vous s’inscrit dans une dynamique que nous poursuivons depuis trois ans maintenant :

  • En juillet 2012, le Président Macky SALL s’est entretenu avec le MEDEF à l’occasion de la visite officielle qu’il effectuait en France, puis une délégation du MEDEF a été accueillie à Dakar en septembre 2013.
  • Le Groupe Consultatif tenu en Février 2014 à Paris pour la mobilisation des financements du Plan Sénégal Emergent (PSE) a été une nouvelle opportunité de rencontre avec le secteur privé international et le Patronat français en particulier ;
  • Ensuite, le secteur privé français a pris part au Forum économique de la Francophonie de décembre 2014 organisé après le 15éme le Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
  • Plus récemment, en février dernier, à Paris, s’est tenu le Forum franco-africain pour une croissance partagée.

Toutes ces rencontres traduisent notre volonté commune de promouvoir nos échanges, par le commerce, l’investissement et le partenariat. La volonté est donc là.

Il y a aussi tout ce qui nous unit et qui fonde la qualité de nos relations : l’histoire, la proximité géographique, la langue, une tradition juridique commune, le facteur humain, la compréhension mutuelle ; et, par-dessus tout, une coopération officielle solide et multiforme touchant presque tous les domaines : les institutions, l’économie, la finance, l’environnement, la paix et la sécurité, la santé, la culture, la coopération décentralisée, etc.

Mesdames, Messieurs,

Il nous faut aller plus en avant.

Le défi qui nous est posé, aujourd’hui, c’est d’adapter ces tendances lourdes qui caractérisent les relations franco-sénégalaises aux mutations fortes, qui accompagnent la marche du monde.

Ces mutations profondes, nous devons d’abord les appréhender et les intégrer dans notre stratégie commune pour mieux baliser la voie du futur.

Le Rapport 2013 du Sénat français, intitulé « L’Afrique est notre avenir », fait le constat d’un recul des parts de marché des entreprises françaises en Afrique subsaharienne de plus de 16% en 2000 à moins de 10% en 2010  ; et d’une stagnation entre 1 et 6% des Investissements directs français vers l’Afrique au moment où ceux des autres puissances économiques ont été multipliés par 7.

Mais, cette dynamique cache d’autres réalités, notamment le fait que la France reste bien présente en Afrique, avec plus de 62 000 entreprises et micro entreprises, dont plus de 250 au Sénégal, qui emploient près d’un quart des salariés dans le secteur privé. Ces entreprises opèrent dans des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’industrie, les télécommunications, la pharmacie, les BTP, le tourisme, la banque, les assurances, etc.

Et, pour le Sénégal, la France reste le premier partenaire.

Autant de raisons pour regarder l’avenir avec confiance et bâtir, sur le fondement de nos acquis, un partenariat rénové, adapté aux mutations en cours et résolument tourné vers le futur.

C’est ce que nous voulons vous proposer à travers les projets du Plan Sénégal Emergent (PSE), notre nouvelle stratégie de développement économique et social.

Le PSE, je le rappelle, vise un renouveau productif du Sénégal, avec un taux de croissance annuel moyen d’au moins 7% à l’horizon 2017. Nous misons, pour ce faire, sur l’exploitation optimale de secteurs stratégiques de notre économie, à savoir : l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les mines, le tourisme, les TIC et l’habitat.

La modernisation de l’agriculture que cherche à impulser le Plan Sénégal Emergent, doit se traduire par le renforcement de la sécurité alimentaire, de la génération de revenus croissants pour les populations rurales, et de la protection de l’environnement.

Au demeurant, c’est dans le financement du développement de l’agriculture que nous devons d’abord faire preuve de sens de l’innovation en misant sur l’effort conjugué du capital privé, du capital social et des ressources publiques pour rentabiliser les aménagements fonciers et hydro agricoles, renforcer la formation et l’organisation des acteurs, la vulgarisation et l’encadrement techniques, le financement rural et les infrastructures d’accès aux marchés.

Il s’agit de créer les meilleures conditions pour élever durablement la productivité et la production agricole, mieux structurer les filières et chaines de valeurs et favoriser ainsi l’émergence d’unités agroindustrielles. Mettre sur le marché des produits incorporant plus de valeur ajoutée et créer des milliers d’emplois pour les jeunes sont parmi les grandes ambitions de ce programme.

L’atteinte de cet objectif suppose un partenariat public-privé incluant les populations pour garantir les attributs d’une croissance inclusive et durable. En zones rurales comme dans les banlieues urbaines et périurbaines, nous devons faciliter l’émergence des sites industriels, artisanaux, touristiques et culturels, pour favoriser tout notre potentiel dans ces domaines.

Le PSE c’est aussi le renouveau avec l’objectif de satisfaire une demande de plus de 300.000 logements.

Un nouveau Pôle urbain de Diamniadio, est en gestation à une trentaine de kilomètres de Dakar. Doté déjà d’un Centre de conférences internationales de haut niveau et desservi par une autoroute, il accueillera plus de 30.000 habitants, avec un parc industriel, une cité du savoir, la deuxième université de Dakar, un institut de formation professionnelle et des milliers de logements en construction. Il offrira toutes les commodités d’une ville moderne.

Mesdames, Messieurs,

Historiquement, dans les pays développés ou émergents actuels, les activités manufacturières ont joué le rôle d’accélération de la croissance et de la création des emplois non agricoles qui permettent aux travailleurs non qualifiés de participer à la production et au partage des fruits de la croissance.

Le Sénégal ne saurait faire exception à cette règle, sauf à découvrir d’autres produits ou services qui disposeraient de potentiels comparables de génération de revenus, mais surtout de modernisation de l’économie.

C’est pourquoi dans le Plan Sénégal Emergent, nous misons également sur le tourisme, avec l’option de deux produits touristiques du pays, à savoir le balnéaire et le tourisme d’affaires, par une offre plus diversifiée intégrant le tourisme, culturel, médical, sportif, cynégétique ainsi qu’une mise aux normes des réceptifs.

Pour le développement du tourisme médical, le Projet Dakar Médical City vise à capitaliser un atout fondamental qu’est la qualité des ressources humaines et à favoriser l’installation d’un plateau technique attractif capable de répondre à la demande de soins spécialisés provenant de la sous-région, mais aussi des autres parties du continent et du monde.

Nous avons, à cet égard, un partenariat public-privé à bâtir autour de complexes médicaux mieux dimensionnés, équipés et gérés suivant les standards internationaux.

Dans le secteur de l’éducation, nous avons aussi identifié un Projet qui vise à faire de Dakar, voire du Sénégal, un campus régional de référence. A travers ce projet, nous souhaitons donner une perspective internationale à une vocation historique, confirmée sur le terrain par l’initiative privée.

Aujourd’hui, le Sénégal compte plus d’une centaine d’écoles de formation reconnues par l’Etat et accueillant déjà de milliers d’étudiants de la sous-région.

Le Projet Dakar Campus régional nous permet de proposer une offre de dimension mondiale aux universités et centres de formation qui seraient prêts à délocaliser un campus au Sénégal.

Nous faisons la même offre d’un enseignement de qualité mondiale aux apprenants de la sous-région, forts du constat tiré de l’expérience internationale et qui fait du capital humain le premier moteur de la croissance à long terme.

Dans le cadre du Projet Dakar Campus régional, le Sénégal est disposé à examiner avec les parties concernées, les conditions d’accueil d’un ou deux campus d’universités françaises de renom qui seraient disposées à accompagner le partenariat que nous scellons aujourd’hui en vue d’une croissance partagée.

Je mentionnerai également la liaison ferroviaire par train rapide Dakar-Aéroport International Blaise Diagne, dont le montage technique et financier est en cours.

D’autres projets au titre du PSE vous seront également présentés lors de cette Table ronde.

Mesdames, Messieurs,

Comme l’a si bien indiqué le Président Hollande dans son adresse au Forum franco-africain de Paris sur la croissance partagée, « la clef, c’est le financement ».

Ce qui fait aujourd’hui la différence dans le partenariat avec nos pays en quête d’émergence, c’est l’accompagnement financier dans la réalisation des projets. C’est pourquoi je suis d’avis que les mesures prises à ce sujet par la France vont dans le bon sens, notamment :

  • Le renforcement des garanties de la COFACE ;
  • La pleine ouverture aux pays africains du dispositif financier dit « Réserve pays Emergent » jusque-là limité à certains pays ;
  • Enfin, la création d’une banque de l’exportation au service des grands contrats internationaux.

Voilà exactement le genre de mécanismes pratiques qui peuvent accompagner et soutenir nos projets communs, dans un environnement d’ouverture et de compétition acharnée.

Deux autres paramètres me paraissent tout aussi importants :

  • Le premier, c’est le partenariat avec le secteur privé national. Là aussi, nos affinités peuvent faire la différence.

Comme récemment souligné à l’occasion du dernier Conseil présidentiel de l’investissement, notre pays inspire confiance et attire le capital étranger. Cela doit être perçu comme une opportunité réelle de partenariats intelligents, féconds et mutuellement bénéfiques, à travers des joint-ventures, des prises de participation ou la « co-traitance » dans l’exécution des projets. Je préfère d’ailleurs ce terme à celui quelque peu galvaudé de sous-traitance.

  • Le second paramètre tient à la diligence dans le montage et l’exécution des projets. Parce que nous sommes pressés par le temps et nous sommes tenus par des obligations de résultats.

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Au nom du Président de la République, Son Excellence, Monsieur Macky SALL, je voudrais réaffirmer que le Sénégal est disposé à travailler pour une alliance franco-sénégalaise pour la création d’un niveau de richesses soutenu et durable dans la transparence et la bonne gouvernance, apte à réduire les inégalités sociales.

Cette nouvelle alliance devrait être fondée sur le développement des infrastructures, du secteur privé, la mobilisation du capital humain ainsi que le développement des capacités productives internes et la sécurité alimentaire. Voilà ce que je tenais à vous dire en guise de propos introductifs, en vous remerciant une fois de plus de votre participation à cette Table ronde que je souhaite vivante, par des échanges ouverts, exhaustifs et francs.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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