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Les Assises de l’Entreprise - Allocution de Monsieur le Premier Ministre, Abdoul Mbaye

Mercredi 12 décembre 2012

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables Parlementaires,
Monsieur le Commissaire de l’UEMOA chargé du Marché Régional et du Commerce,
Monsieur le Représentant du Président de la Commission de la CEDEAO,
Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants du Corps Diplomatique et des Partenaires au Développement,
Monsieur le Président du Conseil National du Patronat,
Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur Privé de la Région Afrique de l’Ouest,
Mesdames et Messieurs les Présidents des Organisations du Secteur Privé et des Chambres Consulaires,
Mesdames et Messieurs les Secrétaires Généraux des Syndicats de Travailleurs,
Chers chefs d’entreprises,
Chers Invités,

Lorsqu’il me faisait l’honneur de me demander de présider, en son nom, la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, le Président de la République, Son Excellence Macky SALL, devait se doutait aussi qu’il me faisait plaisir.

Oui, car c’est un plaisir pour moi d’être présent avec vous ce matin, pour ces Assises que je considère comme un évènement marquant de la vie économique de notre pays.

Monsieur le Président, cher Baïdy, vous venez de me témoigner la confiance du monde de l’entreprise, dont vous êtes l’une des voix les plus autorisée. J’en suis vivement honoré.

Et permettez-moi, à mon tour, de vous dire toute l’estime que Monsieur le Président de la République, moi-même et l’ensemble du Gouvernement, nourrissons à l’égard des entreprises sénégalaises, pour leur rôle crucial dans le développement économique et social.

C’est l’occasion pour moi de féliciter très chaleureusement le CNP d’avoir, une nouvelle fois, pris l’initiative d’organiser les Assises de l’entreprise, dont nous sommes à la dixième édition, preuve qu’elles sont devenues une tradition forte.

Lorsque je vois la densité du programme, la pertinence des thèmes de discussion, la qualité des panélistes et, surtout, sous mes yeux, la mobilisation des acteurs, j’ose affirmer que vous avez déjà remporté votre pari, et avec quel brio !

Mais ce qui force le plus mon admiration, c’est que ce ne sont pas les Assises du CNP mais bien les Assises de l’entreprise, car je note le souci que vous avez eu de mobiliser la communauté des entrepreneurs, bien au-delà de votre organisation.

Monsieur le Président, vous m’offrez ainsi une belle tribune pour adresser quelques messages au monde de l’entreprise dans sa globalité, ce dont je vous remercie. Le plus important de ces messages, à mes yeux, tient en un seul mot, que vous avez prononcé : confiance.

Vous avez confiance en moi : j’en suis touché. Mais surtout, ayez confiance en l’Etat : j’en serai comblé.

Monsieur le Président, vous avez bien fait de rappeler dans votre allocution le contexte historique dans lequel nous nous situons : celui de la deuxième alternance au sommet de l’Etat dans l’histoire de notre démocratie, si jeune mais déjà si solide.

Le peuple sénégalais a donc, une nouvelle fois, fait le choix de l’alternance dans la paix et la stabilité et nous devons avoir une lecture correcte de son choix, qui est celui de la sanction de résultats de gouvernance insuffisants.

Cette capacité à juger les gouvernants à l’aune de leurs actes et de leurs résultats, puis à en tirer les conséquences lors des scrutins, est un acquis que personne ne pourra plus enlever aux citoyens de ce pays et il appelle, en conséquence, une nouvelle manière de gouverner.

La réponse du Président Macky SALL à cette problématique est celle qui redonne espoir au peuple sénégalais, et qu’il lui a proposée sous la forme du programme YONU YOKKUTE, feuille de route du gouvernement que j’ai l’honneur de diriger.

Mais pour concrétiser cette réponse, pour retrouver une croissance forte, durable et solidaire, je reconnais avec vous, Monsieur le Président AGNE, que certaines ruptures doivent être introduites dans les relations entre l’Etat et le secteur privé ; que le partenariat souvent vanté, et qui existe, mérite d’être raffermi par endroits, afin de tirer le meilleur profit de ce formidable atout que représente la stabilité politique prouvée par cette seconde alternance.

Je vous demandais d’avoir confiance en l’Etat. J’ajoute, au nom du Chef de l’Etat et au nom du Gouvernement, que nous sommes disposés et même pressés de fonder, avec le monde de l’entreprise, un partenariat pour une économie solidaire.

J’entends par économie solidaire celle dans laquelle la place du salarié au sein de l’entreprise est reconnue et valorisée, car c’est ce qui déclenchera la prise de conscience, chez le salarié, que l’intérêt de l’entreprise et le sien ne font qu’un.

J’appelle également économie solidaire celle qui confère au consommateur le rang primordial qui doit être le sien dans la définition des stratégies des entreprises.

Ce qui suppose de disposer d’un tissu industriel solide, capable de produire des articles compétitifs, d’imposer un « made in Sénégal » qui fasse le bonheur du consommateur tout en le rendant fier de soutenir les produits de son pays, au nom d’un nationalisme économique de choix, et non imposé.

Economie solidaire aussi parce que, dans un rapport qualité / prix avantageux, les entreprises nationales privilégieront la sous-traitance à d’autres entreprises nationales plutôt que de se tourner vers l’étranger.

Au nom du même principe de solidarité, Mesdames, Messieurs les entrepreneurs, je vous invite à accorder davantage d’attention à nos concitoyens les plus fragiles : ils vivent le plus souvent dans les zones rurales, où ils se trouvent exposés aux aléas climatiques qui les privent de nourriture.

Souvent, ils n’ont pas accès à l’eau potable ; souvent, ils sont privés d’électricité ; souvent, leurs enfants souffrent de malnutrition.

Vos entreprises peuvent leur venir en aide de deux manières : soit sans contrepartie directe, je veux parler de mécénat ou de responsabilité sociétale ; soit dans le cadre de véritables projets économiques, je veux parler des investissements à fort impact social, un concept auquel vous êtes certainement familiers puisqu’il est développé dans le cadre du Conseil Présidentiel de l’Investissement (CPI).

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Chefs d’entreprises,

Faisons que ces Assises ne soient pas une réunion de plus comme, hélas, au Sénégal, nous ne savons que trop en faire. Je vous propose qu’elles soient le prétexte d’un pacte fondateur dans les relations entre l’Etat et le monde de l’entreprise.

Je vous invite, ni plus ni moins, à célébrer les noces de l’Etat et de l’entreprise !

Chers entrepreneurs, par la voix du Président Baïdy AGNE, vous avez souhaité que je vous demande si vous aviez besoin du soutien de l’Etat.
Je vais faire plus encore : je vous dis très clairement que l’Etat, de son côté, a besoin du soutien des entreprises.

Et n’y voyez aucune démarche idéologique. Je vous rassure : l’Etat n’entend pas soustraiter à l’entreprise la mission de développer le Sénégal…

Mais nous sommes convaincus que face à l’immensité des tâches à accomplir, nous devons sortir du jeu de rôles figé par l’héritage historique et par les habitudes, pour nous inscrire dans une relation guidée par le pragmatisme et par une conception partagée de l’intérêt général.

Cela, nous y parviendrons avec toutes les entreprises citoyennes ; et je vise par là celles qui cherchent à gagner de l’argent, ce qui est tout à fait sain, mais tout en combinant leur intérêt propre avec l’intérêt général ; et c’est tout sauf une question de nationalité du capital.

Car à côté de certaines entreprises qui font du territoire national leur sanctuaire, où elles se contentent d’exploiter des positions acquises dont elles font payer le prix fort au consommateur et à l’ensemble de la collectivité, je sais qu’il existe une majorité d’entreprises qui cherchent à produire et à vendre à moindre coût aux citoyens sénégalais, ce qui leur fournira les armes pour s’attaquer ensuite aux marchés à l’exportation.

Ces entreprises là recevront le soutien de l’Etat.

Ce que nous voulons faire avec elles, c’est de travailler main dans la main pour résoudre les problèmes du peuple sénégalais, qui est l’actionnaire unique de l’entreprise Sénégal et qui a fixé à ses dirigeants – gouvernants des objectifs de performance.

Or, que souhaite le peuple du Sénégal ? La même chose que tous les peuples du monde qui sont attachés à leur dignité.

Les Sénégalais sont parfaitement conscients que « les temps sont durs », « qu’ils sont fatigués » comme on le dit si souvent chez nous, que la crise est mondiale et que des efforts doivent être accomplis par tous.

Mais ils veulent que ces efforts soient réalisés dans la justice et dans l’équité, ce qui implique que les actes de prévarication des ressources publiques soient combattus et punis.

C’est pourquoi je suis heureux de constater, en vous écoutant parler M. le Président AGNE, que les entrepreneurs ont apparemment bien compris la démarche de l’Etat consistant à lutter sérieusement pour la transparence et contre la corruption.

Vous avez tout à fait raison : le gain à court terme, très illusoire au demeurant, que procure l’injection dans le circuit économique de capitaux acquis de manière illicite, n’est rien en comparaison des dommages à long terme que subit une économie lorsqu’elle est irriguée par l’argent sale.

Le combat pour la transparence et la bonne gouvernance ne cessera donc pas. Et, je peux vous rassurer, il sera toujours mené dans des conditions de parfaite objectivité.

Les Sénégalais souhaitent aussi davantage de solidarité, parce que c’est la condition de la cohésion sociale, et pour cela, il faut que nous allions vers un accès aux services sociaux essentiels ouvert à tous, car c’est le droit de tout un chacun.

Si nous voulons satisfaire ces attentes légitimes, il nous faut structurer l’activité économique de notre pays autour de pôles de développement dont chacun va fédérer plusieurs régions, en fonction de leurs spécialités et de leurs synergies, car nous devons cesser de penser le développement sous le prisme de la seule région de Dakar.

Je veux le dire clairement : la priorité n’est plus aux grands travaux dont ne profitent que quelques grandes villes ainsi que les entreprises qui les exécutent.

Sur instructions de Monsieur le Président de la République, nous privilégions désormais l’équité et la solidarité dans la répartition spatiale des investissements en infrastructures.

Des routes urbaines et des échangeurs, on en a connu ; l’Etat entend désormais privilégier les réseaux d’adduction d’eau potable, les centres de santé, le désenclavement des zones de production par des pistes adaptées, et j’en passe.

Résoudre les problèmes des Sénégalais, c’est aussi stimuler en les modernisant les activités potentiellement porteuses de croissance, tout en générant des milliers d’opportunités professionnelles pour toute cette main d’oeuvre qui reste sans emploi : l’agriculture bien sûr, mais je pense aussi au tourisme, de même qu’à l’artisanat, pour ne prendre que ces exemples.

Vous comprenez donc pourquoi dans le projet présidentiel, mis en oeuvre par le Gouvernement, la priorité est donnée à l’agriculture.

Le Sénégal a besoin de nourrir sa population au moindre coût, ce qui implique de consommer la production locale mais, avant cela bien sûr, d’accroître cette production et donc les revenus du monde rural, de développer une résilience permettant de faire face aux chocs tels que la sécheresse.

Il s’agit là d’une logique de développement assise sur la construction d’une demande intérieure rendue stable et en progression, et motivée par un fort souci de lutter contre la pauvreté, en solidarité avec le monde rural.

Cela a d’ailleurs un lien avec l’un des chantiers prioritaires de l’Etat, je veux parler de la réforme du foncier.

Nous avons bien compris que pour augmenter les investissements dans le domaine agricole, comme dans d’autres domaines, il fallait renforcer la sécurité juridique en matière foncière.

C’est une question à laquelle l’Etat attache un tel de prix que Monsieur le Président de la République a mis en place une Commission Nationale sur la Réforme Foncière, directement rattachée à son Cabinet.

Les départements ministériels concernés alimenteront cette commission en contributions, chacun pour ce qui concerne son secteur : agriculture, industrie, collectivités locales, économie et finances, etc.

Et, conformément à notre principe directeur en matière de réformes, les concertations les plus larges seront menées avec le secteur privé, afin que les résultats des travaux de la commission intègrent le plus possible vos préoccupations.

Cela dit, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, quand j’évoquais l’agriculture, j’avais également à l’esprit sa synergie avec l’industrie ; je veux donc parler de l’agrobusiness, dont nous voulons faire un fer de lance. Car il ne peut y avoir d’agriculture forte et compétitive sans débouchés vers l’industrie nationale.

Et j’en profite pour dire un mot sur notre politique industrielle, pour rappeler qu’elle ne va pas consister à créer des situations de rente, et quelques emplois à tout prix, c’est à dire quel qu’en soit le coût pour l’ensemble de la communauté nationale.

Comme dans tout précédent d’émergence, les entreprises doivent être fortes localement pour ensuite se lancer à la conquête des marchés étrangers. Pour remporter ces batailles sur le champ de l’économie mondiale, l’Etat a besoin de s’unir aux entreprises, et cette union n’est pas juste un slogan.

Cette union sera, par exemple, indispensable dans le domaine de l’amélioration de la productivité du travail, une préoccupation dont je sais qu’elle vous tient autant à coeur que le Gouvernement.

Au cours du Forum National sur la Compétitivité que j’ai eu le plaisir de présider le 20 novembre dernier, vous vous rappelez sûrement que tous les participants avaient convenu du fait que le déficit de formation était l’une des premières causes de la faible productivité du travail au Sénégal.

Seulement 16% des entreprises sénégalaises offrent des formations à leurs employés et il en résulte une faiblesse du capital humain qui obère notre compétitivité.

Au delà d’un autre geste de solidarité, les entreprises devront donc augmenter leur investissement dans les ressources humaines et, tout naturellement, l’Etat accompagnera leurs efforts, selon des modalités qui font actuellement l’objet d’une étude poussée et dont j’espère que, dans un avenir très proche, elles déboucheront sur des annonces très concrètes et très positives.

Dans un souci identique de renforcement de la compétitivité de notre économie, les délais sont courts qui doivent conduire l’Etat à mettre à la disposition des entreprises nationales des facteurs de production à des tarifs compétitifs.

Je pense à l’électricité, à l’eau, aux transports.

Il nous faut trouver en urgence les solutions qui permettront d’en baisser les coûts, comme ce fut le cas pour les télécommunications, et nous y travaillons d’arrache-pied.

Sur un autre sujet, Monsieur le Président, et en vous taquinant un peu, je voudrais rappeler que l’Etat est dans une certaine mesure actionnaire dans le capital de toutes les entreprises du Sénégal, puisqu’il perçoit 25% de leur bénéfice à travers l’impôt sur les sociétés, une participation qu’il prévoit même de porter sous peu à 30% …

Je sais que c’est un sujet de préoccupation chez nos partenaires du secteur privé, et je vous remercie de me donner l’occasion d’y revenir.
Une hausse d’impôt n’est jamais une bonne nouvelle pour les contribuables, qu’il s’agisse d’entreprises ou de simples citoyens.
Mais croyez-moi, une hausse d’impôt n’est jamais non plus une décision facile à prendre pour des gouvernants.
Même si j’empresse de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une hausse d’impôt en rapport avec des difficultés budgétaires, mais d’une réforme fiscale d’ensemble pour mieux accompagner le développement de notre cher Sénégal.

Heureusement vous êtes souvenu, Monsieur le Président, que le prochain code général des impôts a quand même baissé, et dans des proportions très significatives, de nombreux impôts : des droits d’enregistrement à l’impôt sur le revenu, en passant par la TVA sur le tourisme.

Ce n’était pas chose facile de sacrifier presque 29 milliards de francs de recettes à la baisse de la fiscalité sur les salaires.

La preuve, cette réforme avait fini par ressembler à un serpent de mer ; on en parlait depuis des années, sans jamais la voir...

Mais, dans un contexte dont tout le monde sait qu’il est difficile pour les finances publiques, c’était le prix à payer pour redonner du pouvoir d’achat à des centaines de milliers de Sénégalais, ce qui va permettre de stimuler la demande intérieure, et donc vos chiffres d’affaires, Mesdames et Messieurs les entrepreneurs.

En quelque sorte, nous avons voulu accorder de généreuses augmentations de salaires aux travailleurs du public mais aussi du privé, mais en les faisant supporter à la seule trésorerie de l’Etat…

Quelque fois, quand on n’a pas baissé les taux, ce sont les bases d’imposition que l’on a rétrécies : ainsi en est-il en matière d’impôt sur les sociétés et d’impôt sur le revenu des entrepreneurs individuels, où les incitations fiscales mises en place permettent d’aller jusqu’à diviser par deux le montant du bénéfice soumis à l’impôt, lorsque l’entreprise investit. Avouons quand même que cela amène à relativiser la hausse de l’IS…

Vous vous demandez peut-être : pourquoi ce jeu curieux consistant à baisser par ci pour augmenter par là ?
C’est parce que notre politique fiscale est axée sur la logique suivante : taxer les revenus du capital plutôt que le capital lui-même.

En conséquence, nous avons tenu à réduire au strict minimum la charge fiscale sur tout ce qui peut favoriser la constitution de société et l’investissement productif, sur tout ce qui précède la création de richesse.

La contrepartie logique était de renforcer la taxation en aval de la richesse créée, en veillant toutefois à rester dans les standards internationaux avec un taux de 30% qui, cela dit en passant, ne peut certainement pas être jugé confiscatoire.

Tout de même, vous reconnaîtrez avec moi que les entreprises ont, elles aussi, besoin d’un Etat qui collecte un niveau raisonnable de recettes fiscales afin de pouvoir assumer ses obligations.

Car lorsque l’Etat est démuni, le risque est de revivre l’épisode, traumatisant pour l’économie nationale, d’une accumulation de la dette intérieure qui finit par asphyxier les entreprises.

Sans parler des autres conséquences négatives que l’on connaîtrait sur la durée :

  • les carnets de commande des entreprises qui s’en ressentent car leur premier client, l’Etat, achète moins de biens et services ;
  • le niveau et la qualité des infrastructures qui s’en ressentent, alors même qu’elles sont la base de la production nationale ;
  • jusqu’à l’accès des entreprises au financement qui s’en ressent, puisque l’Etat va essayer de combler par l’emprunt ce qu’il n’aura pas pu collecter de ressources propres, ce qui peut provoquer un phénomène d’éviction.

Pour résumer, j’insiste sur le fait que notre fiscalité a été simplifiée et allégée, ce qui, en soi, est propre à améliorer la compétitivité de l’économie sénégalaise.

La hausse de l’IS ne pouvait évidemment pas être accueillie dans la joie par les entreprises mais je me permettrais de rappeler, aux brillants managers que vous êtes tous, qu’un impôt assis sur le résultat final est un élément post-compétitivité.

Il suffit de lire un compte d’exploitation pour se convaincre que la compétitivité d’une entreprise s’apprécie avant l’application de l’IS

Mais le point le plus important peut-être, c’est de souligner que la hausse de l’IS était dictée par la situation économique et budgétaire que nous avons reçue en héritage.

Il s’agit donc d’une mesure de solidarité, cette solidarité dont je répète qu’elle doit être reliée à la performance économique, car une économie uniquement fondée sur les égoïsmes ne peut que déboucher sur les crises sociales, sur la violence et sur l’instabilité politique.

La question fiscale est donc une question délicate, qu’il faut éviter d’appréhender sous un seul angle, car elle touche même à l’idéal démocratique et au vivre-ensemble.

Mais vous pouvez au moins être sûrs d’une chose, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs : l’Etat vous écoute, l’Etat vous entend et l’Etat n’est pas fermé.

Si, à la pratique, des choix de politique fiscale que nous avons faits après les avoir bien soupesés, se révèlent malgré tout et contre nos attentes, totalement contre-productifs : alors, bien sûr, l’Etat ne s’obstinera pas.

Continuons donc d’approfondir le dialogue de qualité auquel nos relations de qualité nous ont habitués et donnons du temps au temps.

Monsieur le Président,

Vous avez abordé beaucoup d’autres questions, toutes extrêmement dignes d’intérêt, à tel point que je m’en voudrais de me contenter de les survoler alors qu’elles méritent un examen rigoureux ainsi que des réponses appropriées.

Je voudrais donc faire au secteur privé la proposition suivante : rassemblez toutes ces questions dans un mémorandum, probablement enrichi à la lumière des débats qui vont se tenir durant ces Assises, document que vous voudrez bien me transmettre dès la fin de vos travaux.

Je m’engage à relayer l’ensemble de ces préoccupations, véritable cahier de doléances, véritable programme de développement qui si souvent rejoint le nôtre, auprès de Monsieur le Président de la République ainsi qu’à lui proposer la mise en place d’un Groupe de travail, que la Primature pourrait piloter, et qui serait composé de représentants de l’Etat et du secteur privé.

Ce Groupe serait chargé de discuter, de traiter, ainsi que de suivre de manière rapprochée, l’état de résolution de toutes ces problématiques.

Le Président de la République dont je peux vous dire, d’ailleurs, qu’il a hâte de rencontrer le secteur privé à l’occasion de la onzième session du CPI, dans deux jours en ce même lieu.

Je vous y retrouverai moi-même avec un égal plaisir car l’Etat et l’entreprise sont comme les deux jambes d’un même corps qui marche dans la direction de l’intérêt général, porté par le partenariat, que j’appelle de mes voeux, pour la construction d’une économie solidaire.

Je souhaite plein succès à vos travaux et je déclare ouvertes les Assises de l’Entreprise, édition 2012.

J’ai été très sensible à votre attention et je vous remercie

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