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Lancement du processus d’élaboration du Cadre de Coopération de la Nouvelle Alliance pour la Sécurité alimentaire et nutritionnelle

Discours de Monsieur le Premier Ministre, Abdoul Mbaye - le 16 Juillet 2013

Le Premier Ministre a présidé ce mardi 16 juillet 2013 au côté du ministre de l’agriculture et de l’équipement rural et en présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers, le lancement du processus d’élaboration du Cadre de Coopération de la Nouvelle Alliance pour la Sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le Premier Ministre a expliqué que le processus s’achèvera en fin septembre 2013 par la publication et l’adoption par les autorités sénégalaises, de la version finale du cadre de coopération aligné sur les priorités du Programme National d’Investissement Agricole PNIA. L’étape ultime du processus sera la transmission au G8, par le Canada, du document du cadre de coopération, au cours d’un sommet du G8 avant la fin de l’année 2013. Il a particulièrement remercié le Gouvernement du CANADA de la généreuse initiative qu’il a prise de soutenir notre pays et aussi pour la qualité de son leadership dans l’appui à l’élaboration de notre cadre de coopération avec le G8.

L’intégralité du discours prononcé à cette occasion

  • Mesdames, Messieurs les Ministres ;
  • Excellence, Mesdames, Messieurs les Parlementaires ;
  • Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Membres du Corps diplomatique ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations régionales et des Partenaires techniques et financiers,
  • Mesdames et Messieurs les Experts en vos rangs et titres respectifs ;
  • Distingués invités,

Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, le Sénégal peine encore à assurer sa sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le Sénégal n’est toujours pas à l’abri des turbulences des marchés internationaux puisqu’étant importateur net, et en importance, de produits agro-alimentaires. C’est l’échec le plus grave de notre projet de développement. C’est le défi le plus important de nos prochaines années.

Je traduisais cet amer constat dans ma Déclaration de Politique générale du 10 septembre 2012, en faisant remarquer que la situation alimentaire et nutritionnelle de notre pays était l’une de nos toutes premières préoccupations.

Pourtant, le Gouvernement du Sénégal, dans le sillage des recommandations du Sommet mondial de l’Alimentation et des Objectifs du Millénaire pour le Développement, s’est fixé comme objectif général, « d’assurer à tout moment un meilleur accès des populations à des quantités suffisamment disponibles d’aliments nécessaires pour mener une vie saine et active à l’horizon 2015 ».

Cet objectif se retrouve dans la Loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP), et le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA). Face à ce qu’il faut bien accepter à peu d’années de l’échéance comme un relatif échec, mis en dramatique évidence à l’occasion de la sécheresse vécue par le Sahel en 2011, cet objectif a bien sûr été maintenu dans le programme phare qu’est le YOONU YOKKUTE, puis dans la Stratégie Nationale de Développement Economique et Social (SNDES).

Le Président Macky SALL, avec le soutien des partenaires techniques et financiers du Sénégal, sur la base d’un diagnostic des réalités de notre pays, a pris un train de mesures qui participent de la mise en œuvre du programme YOONU YOKKUTE, afin d’assurer une fois pour toute, et de manière durable, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

C’est dans ce cadre qu’il faut situer les initiatives prises immédiatement au lendemain de son accession à la magistrature suprême, et qui ont d’abord eu un caractère correctif humanitaire.

Je citerai entre autres, la baisse des prix des denrées de première nécessité, la distribution de vivres de soudure et d’aliments de bétail, la subvention bien ciblée des intrants agricoles.

Elles ont ensuite concerné des attitudes visant le développement agricole, et particulièrement la mise en place de la Stratégie nationale de Développement économique et sociale (2013-2017) ainsi que le plan d’accélération de la mise en œuvre du PNIA. Les résultats enregistrés dès l’année 2012 sont particulièrement encourageants même s’ils font suite à une année de sécheresse. Ils sont sans aucun doute possible la conséquence de la bonne préparation d’une campagne agricole qui a permis de porter la production céréalière de 1,1 millions de tonnes en 2011 à 1,67 millions de tonnes en 2012. Et celle de lait de 184 millions à 202 millions de litres entre les deux années de référence.

Le PNIA, je le rappelle, entre dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune de la CEDEAO (ECOWAP) et du Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA) qui constitue le volet agricole du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).

Il a pour objectif d’accélérer la croissance, de réduire la pauvreté, et d’atteindre la sécurité alimentaire. A cet effet, il s’appuie sur les 6 leviers fondamentaux que sont :

  • l’amélioration de la gestion de l’eau ;
  • le développement durable des exploitations agricoles ;
  • la gestion améliorée des ressources naturelles ;
  • le développement des filières et la promotion des marchés des produits agricoles ;
  • la prévention et la gestion des crises alimentaires et autres calamités naturelles ;
  • le renforcement institutionnel.

Le PNIA avait permis au Sénégal d’évaluer les besoins nécessaires de financement d’ici 2020, pour impulser le développement du secteur agricole conformément à la déclaration de Maputo, afin d’atteindre l’OMD1 d’ici 2015.

Il a également permis de promouvoir une convergence des ressources nationales et celles des partenaires financiers, vers nos priorités de développement.

Le PNIA, accorde par ailleurs une attention particulière à l’amélioration de l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, à travers la promotion de la diversité du régime alimentaire, l’augmentation de la couverture des enfants bénéficiant des services de nutrition, et la promotion de la nutrition des enfants de moins de 05 ans, ainsi que celles des femmes enceintes et allaitantes.

Tout cela devant s’intégrer dans un cadre qui favorise durablement la résilience des populations.

Mesdames, Messieurs,

A ce jour, le taux de couverture des besoins de financement du Programme National d’Investissement Agricole dans sa phase prioritaire (2015) atteint un taux somme toute satisfaisant et se situe aux alentours de 76 %.

Pour le reliquat, et le complément à l’horizon 2020, le Gouvernement ne peut que porter un grand intérêt à toute initiative se donnant pour objectifs, non seulement de mobiliser les financements complémentaires destinés à la mise en œuvre du PNIA, mais aussi et surtout, de mettre en place un cadre de reddition des comptes qui assure un suivi plus strict des conditions de mobilisation et d’utilisation de ces ressources.

La Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition, initiative conjointe des dirigeants du G8 et des pays africains, entre parfaitement dans ce cadre.

En effet, inscrite en droite ligne dans les objectifs et les priorités du Programme national d’Investissement agricole, la Nouvelle Alliance vise à favoriser les investissements privés nationaux et internationaux, de même que la mobilisation et l’engagement de nos partenaires techniques et financiers, pour sortir 50 millions d’africains de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que de la pauvreté, d’ici à 10 ans.

C’est la raison pour laquelle, par la voix du Président de la République, l’Etat du Sénégal, conformément au protocole retenu par le G8, a annoncé à la Commission de l’Union Africaine son intention d’adhérer à la Nouvelle Alliance.

Cette annonce a été confirmée lors du Sommet du G8 sur la faim tenu à Londres en juin 2013.

Le Sénégal a accepté volontiers, dans la même lancée, que le CANADA soit officiellement désigné comme chef de file du G8 pour l’accompagner dans le processus de préparation du cadre de coopération qui consacre son adhésion à cette initiative porteuse.

Je voudrais par conséquent saisir l’occasion que m’offre cet atelier pour remercier, au nom du Chef de l’État et du Peuple sénégalais, le Gouvernement du CANADA, de la généreuse initiative qu’il a prise de soutenir, encore une fois, notre pays. Le remercier aussi pour la qualité de son leadership dans l’appui à l’élaboration de notre cadre de coopération avec le G8.

Excellence, Monsieur l’Ambassadeur du CANADA au Sénégal,

Le Président de la République et toute la Nation sénégalaise sont très sensibles à ces marques d’amitié et de soutien de votre Gouvernement à notre pays, opportunément et pertinemment renouvelées.

Je voudrais également exprimer la reconnaissance du Gouvernement et du peuple sénégalais aux pays du G8 et à leurs gouvernements, pour cette initiative salutaire en faveur des pays africains, que constitue la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition.

Une mention particulière revient cependant au Gouvernement des Etats Unis d’Amérique, qui a autorisé le Président OBAMA, lors de sa récente visite au Sénégal, à informer largement la communauté internationale de la volonté d’adhésion de notre pays à la Nouvelle Alliance. Il s’est à ce moment historique fait accompagner par de nombreux opérateurs économiques privés américains, en vue d’identifier des possibilités de financement de notre agriculture.

Je n’oublie pas non plus toutes les institutions internationales, qui ont très tôt marqué leur accord pour soutenir l’initiative. Je veux nommer la Banque Mondiale, la BAD, le PAM, le FIDA, la FAO, et bien sûr l’USAID.

C’est fort de ces perspectives, que le Gouvernement de la République du Sénégal s’est engagé à mettre en œuvre les mesures idoines pour la création d’un climat favorable à l’investissement du secteur privé dans l’agriculture et la nutrition.

Toutefois, cet engagement ne vaut que si toutes les catégories d’acteurs, parties prenantes de l’initiative, se l’approprient véritablement, et collaborent activement à la préparation et à la mise en œuvre du cadre de coopération.

C’est à cet effet que je lance un appel solennel au secteur privé, national et étranger, à s’engager dans le financement du secteur agricole et de la nutrition.

L’environnement des affaires au Sénégal est déjà favorable, et nous avons pris le chemin de poursuivre son amélioration par des mesures d’allègement des procédures et de transparence dans l’attribution des marchés, ainsi que par la révision à la baisse et un meilleur ciblage des subventions, voire la baisse de la fiscalité sur le matériel agricole. Les dispositions sont également prises qui vont permettre un financement du secteur agricole plus adapté et davantage disponible.

M’adressant aux organisations socioprofessionnelles et à la société civile, je les invite également à soutenir la Nouvelle Alliance, car, alignée sur les priorités du Plan national d’Investissement agricole du Sénégal, elle nous garantit que les investissements seront centrés sur une croissance agricole inclusive.

Et j’aimerais préciser à cet égard que les investissements prévus permettront aux petits producteurs, plus particulièrement aux femmes, aux jeunes et aux acteurs ruraux de l’agriculture familiale, d’avoir accès au financement et à la technologie, en vue d’accélérer la croissance agricole dans la perspective d’une réduction durable de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

Mesdames, Messieurs,

Notre souci d’efficacité nous impose une feuille de route pour élaborer le cadre de coopération de la Nouvelle Alliance pour la Sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Je voudrais donc à ce propos, d’abord confirmer que les organes de gouvernance de la Nouvelle alliance seront ceux du Programme National d’Investissement Agricole, en vue d’une plus grande cohérence et d’une bonne harmonisation des approches.

Cela étant, les différentes catégories d’acteurs seront conviées à des séances de concertation visant à recueillir leurs avis, accroitre leurs engagements et consolider la synergie de leurs actions pour garantir l’atteinte des résultats attendus.

Cette première série d’activités devra déboucher, à la mi-août 2013, sur l’ébauche du cadre de coopération.

La deuxième série d’activités consistera en une validation de cette ébauche du cadre, d’abord par catégorie d’acteurs, ensuite avec l’ensemble des acteurs au niveau national.

Ainsi, il est attendu de ce processus qui s’achèvera en fin septembre 2013, la publication et l’adoption par les autorités sénégalaises, de la version finale du cadre de coopération.

L’étape ultime du processus sera la transmission au G8, par le Canada, du document du cadre de coopération, au cours d’un sommet du G8, idéalement avant la fin de l’année 2013.

Nous sommes conscients que les délais sont courts, et même très courts.

Cependant, nous devons faire face à des impératifs liés à notre plan national d’accélération du PNIA, ainsi qu’à des contraintes en rapport avec les agendas internationaux.

C’est partant de ces raisons de force majeure, que vous partagez tous avec moi, que nous pouvons compter sur votre esprit de collaboration, de dépassement et d’ouverture, pour tenir dans les délais impartis. Alors, à l’issue du processus, notre cadre sera réaliste parce que tenant compte des capacités des catégories d’acteurs, et parce que fruit d’une démarche inclusive et consensuelle.

Notre cadre consolidera dès lors les options politiques clés du Gouvernement du Sénégal, les intentions d’investissement du secteur privé, ainsi que les engagements des partenaires techniques et financiers. Et pourra servir de modèle à d’autres pays d’Afrique.

Mesdames, Messieurs,

C’est dans l’espoir de recevoir très bientôt le produit de vos réflexions, que je proclame solennellement le démarrage du processus concerté d’élaboration du Cadre de Coopération de la Nouvelle Alliance pour la Sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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