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Journée internationale de l’écrivain africain-Allocution de Monsieur le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE

Dakar, le 07 novembre 2016

Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal,
Monsieur le Ministre de la Culture du Congo,
Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement,
Monsieur le Ministre Conseiller à la Communication du Président de la République,
Monsieur le Conseiller Spécial du Président Sassou Nguesso
Monsieur le Président de l’Association des Ecrivains du Sénégal,
Monsieur le Président du PEN Sénégal,
Monsieur le Président de l’Union des Ecrivains d’Asie, d’Amérique Latine et d’Europe,
Madame la représentante de la Panafricaine des Ecrivains,
Mesdames messieurs chers écrivains,
Mesdames messieurs, distingués invités,

Cette 24 ème journée de l’écrivain Africain, je le constate, s’inscrit dans une durée qui témoigne de sa pertinence et de son opportunité.

Pour ma part, elle m’offre l’occasion de me réjouir du dynamisme avec lequel, elle affirme son importance pour tous ceux qui croient fermement au rôle primordial de l’écrivain dans la cité.

J’y reviendrai.

Il me suffira de constater avec vous, que nous sommes, ici et maintenant, entrain de célébrer une catégorie de personnes consacrées au Sénégal. Vous représentez un symbole en exemplarité, en modèle, ici, sur les terres de Birago Diop,Cheikh Hamidou Kane, Senghor, Ousmane Socé Diop, Abdoulaye Sadji, Alioune Diop, MalickFall, David Diop. Et j’aurais pu citer également le tirailleur Bakary Diallo, l’instituteur Amadou Mapathé Diagne ou même le syndicaliste Lamine Senghor.

Ces hommes là furent les devanciers qui écrivirent dès les années 1920, les tout premiers romans africains d’expression française. Le principal est qu’ils étaient là et bien là avant tout le monde ! Et en cela, ils ont eu le mérite d’avoir été pour les écrivains que vous êtes, ce que les fourriers sont pour une armée : des éclaireurs !

Mesdames, messieurs,

Dois-je mentionner ces grands messieurs de la plume ici présents qui nous font aujourd’hui cette haie d’honneur ? Dois-je parmi eux faire le tri entre de grands dramaturges des temps immémoriaux du Sénégal et de l’Afrique, des poètes flamboyants aux vers de lumière, des romanciers à l’inspiration débordante ?

Au nom de tous ceux-là, laissez-moi joindre ma voix à celles qui l’ont précédée et souhaiter la bienvenue à nos frères d’Afrique venus de si loin et particulièrement à la délégation du Congo pays invité d’honneur de cette journée. Ici donc au Sénégal, vous êtes bien chez vous !

Mais bien avant d’aller plus loin, j’aimerais signaler à l’Association des Ecrivains du Sénégal, maîtresse d’œuvre de la cérémonie qui nous réunit, qu’elle n’a pas envisagé de ne parler que de nos écrivains en langue française alors même que tous les écrivains de quelque langue sont-ils locuteurs, sont d’égale dignité.

Ne seront point évoqués ici, les écrits et autres Khassaïdes de Khadimou Rassoul, Cheikh Ahmadou Bamba, encore moins les textes sublimes d’El Hadj Malick Sy, de Limamou Laye, de Baye Niasse, de Boukounta, de tous nos saints qui, par leurs écrits, leurs prières et leurs œuvres sociales, ont contribué à la paix dans ce pays.

C’est d’ailleurs ce qui me laisse croire que leur présence dans la galerie des photos de « Keur Birago Bou Bess » doit être actée si elle ne l’était pas déjà.

Mesdames, messieurs,

Vous me permettrez, avant d’en venir justement au thème de votre journée « Paix et sécurité : Le rôle de l’écrivain Africain », d’un mot, m’adresser au parrain, le Professeur Hamidou Dia.

Philosophe devant l’éternel, ce qui du reste est tout un programme, Hamidou Dia a visité tous les domaines que la réflexion pouvait éclairer à l’image du philosophe grec qui cherchait en plein jour, avec sa lanterne, la vérité. Une réflexion axée sur l’homme, son sujet de prédilection. Chez lui, philosopher n’est point synonyme de verbiage creux, celui-là bien connu des sophistes ! La philosophie, il l’a enseignée assez longtemps pour en mesurer le formidable impact sur les hommes. Aussi Hamidou Dia a-t-il été un « Cicérone dans le labyrinthe du savoir » !

Homme affable et rarement pris à défaut dans sa bonne humeur, le Professeur Dia occupe des fonctions éminentes auprès de Son Excellence le Président Macky Sall, qui disent tout de l’homme. Un homme de confiance assurément, mais un homme qui doit à lui-même ce qu’il est dans son domaine de compétence, les lettres et la culture. Cette humilité que son sourire permanent veut cacher, a fait naturellement de lui un homme discret et disponible. Toutes ces qualités ajoutées à celles de l’écrivain consacré qu’il est, expliquent largement le choix judicieux porté par ses pairs sur sa personne. C’est la raison pour laquelle je tiens, une fois de plus, à lui renouveler toute ma satisfaction et lui redire mes sincères félicitations !

Mesdames, messieurs,
Chers écrivains,

A vous qui avez décidé de nous convier à votre réflexion d’aujourd’hui, j’ai bien envie de vous dire que la paix et la sécurité sont deux piliers d’une importance si grande, que sans eux, rien de viable, rien de positif, rien d’humain ne peut se concevoir.

Et il n’y a pas d’autre cadre pour répondre à votre thème que celui de l’Afrique. Etre écrivain africain demande à s’astreindre à plus de devoirs que de droits. Ce sens des responsabilités que vous n’ignorez pas doit habiter chaque ligne que vous tracez si tant est que vous tenez à être des soldats du développement de vos pays respectifs.

En réalité, votre mission, votre rôle premier est de pré-sentir l’éveil de vos peuples respectifs auquel vous contribuez puisque vous en êtes les aiguillons. L’écrivain est « maître de langue » comme a dit Senghor, Il est à la fois passeur de cultures et couturier du genre humain. Vous le voyez bien, rien dans tout ça, n’est aisé. Vous êtes lus, l’on vous écoute parfois sur les plateaux de télévision bref, l’on vous voit !

Dès lors l’écrivain doit toujours mesurer la portée de ce qu’il écrit même si nous sommes aussi dans le domaine de l’art, celui de la liberté par excellence. Pour autant, l’artiste est aussi un homme et ensemble nous devons souscrire tous à la philosophie de Saint-Exupéry qui veut que : « Etre homme c’est être responsable, c’est précisément sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde » !

L’écriture est exigeante surtout lorsqu’elle se fait dans une langue qui n’est pas totalement nôtre. Or, l’exemplarité qui est la vôtre n’est pas uniquement dans les idées et les pensées de vos écrits. Elle est aussi dans la forme, dans l’expressivité correcte, dans la syntaxe. Davantage, je vous exhorte à créer des comités de lecture avant toute publication car il y va de la crédibilité et du sérieux de vos œuvres.

Le Chef de l’Etat, Son Excellence Macky Sall, Premier protecteur des Arts et Lettres, ne se dérobera point. Il nous charge de lui proposer un format dans lequel vous serez mieux écoutés et entendus pour le rôle primordial que vous jouez au sein de votre société. La Nation doit vous célébrer, vous honorer ; vous en êtes les ambassadeurs par delà les mers et les montagnes. Et je vous le dis, la nation vous célèbrera, vous honorera !

Mesdames, messieurs,
Chers écrivains,

Je voudrais pour conclure mon propos, formuler le vœu de vous voir jouer le rôle efficace de « dévoileurs » des craquements immanquables de l’édifice social, celui non moins important d’avertisseurs des périls que vos lectures respectives de la société vous révèlent bien souvent avant tout le monde.

Je déclare ouverte la journée de l’Ecrivain Africain et vous remercie de votre bien aimable attention.

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