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Forum paix et sécurité

Allocution de Monsieur le Premier Ministre à l’occasion du forum paix et sécurité

Monsieur le Ministre de la Défense,

Mesdames, messieurs les ministres,

Monsieur le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine,

Distingués Membres du Corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs,

En vos noms, rangs et qualités,

Je voudrais à l’entame de mon propos vous transmettre les cordiales salutations de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, qui forme des vœux de succès pour nos travaux. Permettez-moi également de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue au Sénégal et apprécier votre participation massive et de qualité qui illustre tout l’intérêt que vous accordez à l’Afrique, en particulier dans le combat qu’elle mène pour relever les défis sécuritaires du moment.

Le Forum International sur la paix et la Sécurité en Afrique que j’ai l’honneur et le grand plaisir d’ouvrir ce matin, est l’aboutissement d’un long processus de consultations et de concertations. En effet, le Sénégal, après son offre d’accueillir ce forum lors du Sommet de l’Elysée, tenu à Paris, les 6 et 7 décembre 2013, a travaillé de concert avec le Gouvernement français, la Commission de l’Union Africaine, et des partenaires nationaux et internationaux que je félicite au passage pour leur abnégation. Notre pays ambitionne ainsi d’approfondir la réflexion à partir des engagements pris à Paris.

Cette rencontre de Dakar se veut une plateforme d’échanges, de dialogue sur les questions stratégiques relevant de la défense, de la sécurité et de la paix en Afrique. Ce faisant, en réunissant pendant deux jours les officiels, les experts, les universitaires, la société civile, il s’agira plus spécifiquement de fédérer le maximum de sensibilités et d’avoir des discussions ouvertes sur tous les sujets de l’heure aptes à mieux appréhender les enjeux sécuritaires actuels et à nous orienter vers des solutions structurantes pour une paix durable en Afrique.

Mesdames et Messieurs,

En accueillant ce Forum, le Sénégal témoigne, une fois de plus, son attachement aux idéaux de paix inscrits notamment dans la Charte des Nations Unies, ainsi que dans l’Acte Constitutif de l’Union Africaine. Les mêmes valeurs sous-tendent sa Constitution. Le Sénégal souhaite aussi, par là, apporter, comme il l’a toujours fait, sa contribution aux efforts de développement de notre Continent.

Car, plus que par le passé, le Sénégal est conscient que la prise en compte des défis sécuritaires en Afrique est une condition préalable à tout processus de développement socio-économique et appelle à une mobilisation de tous pour renverser les prévisions alarmistes.

Dans un tel contexte, s’avère nécessaire un diagnostic sans complaisance de la situation et des stratégies ambitieuses, à l’effet d’en envisager de nouvelles, aptes à inverser les tendances préoccupantes du moment.

Mesdames et Messieurs,

Chers participants,

La situation dans le continent demeure certes, plus que jamais, préoccupante, à la lumière des nombreuses crises qui constituent le quotidien des Etats, en proie au terrorisme international et à ses phénomènes connexes, favorisés par la porosité des frontières, la circulation des armes, la faiblesse des institutions et le déficit démocratique. Ces facteurs dominants ont d’ailleurs relégué au second plan les crises inter-étatiques, qui restent néanmoins d’actualité. En effet, aux enjeux de la consolidation de la paix sont venus se greffer ceux de la péjoration climatique et des pandémies avec l’apparition récente de l’épidémie à virus Ebola en Afrique de l’ouest, sans oublier les crises sociopolitiques et socio-économiques, ainsi que la pauvreté.

Bien qu’inquiétants, ces défis ne sont pas surprenants car depuis les années 90 qui marquent la fin de la Guerre froide et l’avènement d’une ère nouvelle dominée par la mondialisation, une vingtaine de crises majeures ont été localisées dans autant de pays en Afrique.

La particularité réside dans la forte prégnance des conflits "asymétriques", principalement caractérisés par le terrorisme, dans les parties occidentale, centrale, orientale et septentrionale de l’Afrique, sans négliger les autres foyers de tensions.

Dans le même temps des phénomènes similaires sont expérimentés ailleurs, avec la montée en puissance de l’Etat Islamique en Irak et au Levant qui menace, comme les groupes terroristes présents en Afrique, la paix et la sécurité internationales. Ce qui illustre, s’il était encore besoin de le souligner, que le terrorisme devrait être combattu partout avec le même engagement de la Communauté internationale.

C’est pourquoi des tentatives de réponses tant politiques que militaires, auxquelles contribue activement le Sénégal, sont apportées présentement pour renverser cette courbe, à travers les efforts continus des instances africaines, comme l’Union Africaine par le biais notamment du Conseil de Paix et de Sécurité et de l’Architecture Africaine pour la Paix et la Sécurité (APSA). Mais aussi grâce aux initiatives des Etats concernés qui sont prises avec l’appui de la Communauté internationale. La mutualisation des efforts a permis de freiner l’avancée du terrorisme au Mali. Cette donnée très positive donne de l’espoir. Elle a le mérite de montrer l’importance d’agir ensemble. Elle montre également que la peur doit être dans le camp des promoteurs du terrorisme et de ses phénomènes connexes.

Toutefois, des efforts supplémentaires devraient être menés face à la subsistance et à la persistance des défis de l’heure. D’où la nécessité de réfléchir sur la meilleure manière de consolider les acquis, de corriger les lacunes, d’échanger de bonnes pratiques, de renforcer les capacités des parties prenantes, au nom de la solidarité qui doit animer la Communauté internationale pour remédier aux défis globaux comme ceux auxquels l’Afrique est particulièrement confrontés en ce moment. Il s’agira également d’inscrire nos actions dans une approche holistique et dans la durée.

Mesdames et Messieurs,

Distingués participants,

Le meilleur remède aux crises en Afrique consiste sans nul doute à les prévenir en agissant aussi sur leurs causes profondes qui sont liées, notamment, à la pauvreté, à la faim, aux inégalités sociales, à la mauvaise gouvernance, aux violations des droits de l’homme, aux difficultés liées à la dévolution du pouvoir politique, à l’impunité, au sentiment de marginalisation qui favorise le repli identitaire ou irrédentiste.

Fort heureusement, les différents ateliers et les sous-points que vous aurez à aborder sont autant d’occasions pour approfondir la réflexion sur tous ces défis.

Il me plaît, à cet égard, de relever que toutes les préoccupations que je viens de mettre en contexte constituent la trame du Forum de Dakar qui se penchera sur des questions essentielles comme la rétrospective de la gestion des crises actuelles et les perspectives susceptibles d’affiner les réponses en cours durant ces deux jours de réflexion. Pour conclure, je voudrais souligner toute l’importance qu’il conviendra d’accorder au cours de vos travaux, à la problématique du financement des différentes stratégies qui seront proposées.

Les profils et compétences variés qui composent l’audience, et vos débats qui seront conduits suivant les règles de Chattam House, ainsi que vos précieuses recommandations, aideront, j’en suis persuadé, à atteindre les objectifs assignés à ce Forum.

En souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouvert le Forum international sur la Paix et la Sécurité en Afrique.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

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