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Forum International de Dakar sur la paix et la Sécurité en Afrique

Discours de S.E.M Macky SALL, Président de la République du Sénégal - Dakar, le 09 novembre 2015

Messieurs les Premiers Ministres,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Monsieur le Représentant du Secrétaire général des Nations Unies,

Monsieur le Représentant de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,

Mesdames, Messieurs,

Le peuple sénégalais et son gouvernement se réjouissent de vous recevoir à nouveau pour la 2e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Je vous souhaite, à tous et à toutes, la bienvenue et un agréable séjour au Sénégal.

Je voudrais particulièrement remercier les collègues qui ont fait le déplacement de Dakar, malgré leurs calendriers que je sais très chargés. C’est pour pérenniser cet important cadre d’échanges sur la paix et la sécurité en Afrique que nous avons décidé de la tenue annuelle de ce rendez-vous.

Cela témoigne de notre volonté commune de poursuivre la concertation, dans une approche globale et inclusive, pour répondre en amont aux défis sécuritaires complexes de l’Afrique ; d’autant plus que les crises, quand elles éclatent, sont plus difficiles à résoudre.

C’est pourquoi, il est important de privilégier une approche préventive, d’anticiper sur les menaces à la paix et à la sécurité, en lieu et place d’une démarche curative, quand le mal est déjà installé.

Nous connaissons la typologie classique des menaces à la paix et à la sécurité en Afrique ; qu’il s’agisse de la lutte pour le contrôle du pouvoir politique ou des ressources naturelles, les conflits frontaliers et identitaires et le séparatisme.

A ces racines du mal, se sont malheureusement ajoutées d’autres causes d’instabilité.

Je pense notamment au trafic de drogue, à la piraterie maritime, à la criminalité organisée et au terrorisme.

Ces sources d’instabilité sont encore plus diffuses, donc plus difficiles à cerner et à traiter ; surtout qu’elles peuvent prendre corps hors du continent et influer négativement sur sa stabilité et son développement.

C’est dire que nos défis en la matière sont nombreux, surtout que le terrorisme a tendance à se sanctuariser en Afrique, parce que ses cerveaux, agissant en réseaux, considèrent le continent comme le ventre mou du système international.

Voilà pourquoi les formes traditionnelles de prévention et de maintien de la paix sont peu opérationnelles, pour ne pas dire inefficaces.

En raison de la nature même des risques, les missions de paix sont devenues plus complexes. Quand on fait face à des gens surarmés et déterminés, de surcroit sans foi ni loi, seule une réponse vigoureuse et tout aussi déterminée s’impose.

D’où l’importance de mandats adaptés aux circonstances, de règles d’engagement précis et d’équipements adéquats, si nous ne voulons pas que nos pays soient des cibles faciles sans moyens de se défendre.

Lutter efficacement contre le terrorisme en Afrique, c’est aussi développer des solutions régionales, dans une approche qui concilie le souci d’ouverture des frontières inhérent au processus d’intégration et l’impératif de vigilance qu’impose la lutte contre la criminalité transnationale et le terrorisme.

Il faut donc renforcer la collaboration entre nos services en matière d’échange d’informations, de collecte de données et de surveillance des réseaux de la criminalité transfrontalière.

C’est à ce prix seulement que nous pourrons combattre de manière plus efficace et durable ces menaces qu’aucun pays à lui seul ne peut éradiquer. Je souhaite que le Sommet CEDEAO-CEEAC que nous envisageons de tenir prochainement sur la lutte contre le terrorisme examine sérieusement cet aspect de la coopération interrégionale.

Mais la paix et la sécurité en Afrique conditionne aussi la paix et la sécurité dans le monde. D’une certaine manière, ce qui touche le continent affecte aussi d’autres pays du monde.

Il en est ainsi de la logique djihadiste, alimentée par une rhétorique radicale qui pousse des jeunes à commettre des attentats ou combattre à l’étranger. Pensons par exemple à tous ces jeunes embrigadés dans différents pays pour combattre en Syrie, en Afghanistan ou sur d’autres théâtres de conflits armés.

En conséquence, nous devons continuer à travailler avec les pays et Institutions partenaires en matière de prévention et de règlement des crises, de maintien et de consolidation de la paix.

Nous devons continuer à lutter contre les causes profondes d’instabilité par la promotion de l’état de droit, l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes, pour leur donner des raisons d’espérer et les prémunir contre les chantres de l’obscurantisme et de l’extrémisme qui mènent à la violence.

Parce que c’est dans l’ignorance, la pauvreté et l’exclusion sociale que certaines causes d’instabilité trouvent un terreau fertile à leur éclosion. C’est dans ce terreau qu’il faut éliminer les germes du mal pour une vision plus cohérente de la paix et de la sécurité en Afrique. Autrement, nous aurons traité les symptômes en laissant de côté la maladie.

Je déclare maintenant ouverts les travaux de la 2e édition du Forum de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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