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Discours de lancement de la coopération entre le Sénégal et le G8 à travers la Nouvelle Alliance pour la Sécurité alimentaire et la Nutrition (NASAN)

Madame Aminata Touré, Premier ministre - 12 novembre 2013

Monsieur le Ministre canadien du développement international et de la Francophonie,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le Représentant de la Présidente de la Commission de l’Union africaine,
Excellence Monsieur l’Ambassadeur, Représentant le G8,
Excellences Mesdames, Messieurs les membres du Corps diplomatique,
Mesdames, Messieurs les participants,
Mesdames, Messieurs,

Permettez moi d’abord, de souhaiter la bienvenue au Sénégal, pays de la Terranga, à toutes celles et à tous ceux qui ont bien voulu effectuer le déplacement à Dakar, pour prendre part au lancement de la coopération entre le Sénégal et le G8, à travers la nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, appelée Nouvelle Alliance ou NASAN.

Mon pays, le Sénégal, est honoré d’avoir été choisi pour abriter la cérémonie d’adhésion du Sénégal, en terre africaine, à la Nouvelle Alliance. Cet important évènement que le G8 et l’Union Africaine organisent, pour la première fois, en dehors des cadres habituels que sont la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York et les Sommets du G8, marque un tournant important du partenariat entre le Nord et le Sud.

En effet, la Nouvelle Alliance devra être, je l’espère vivement et nous le souhaitons tous, un modèle réussi de coopération génératrice d’un cadre favorable à l’investissement productif et de capacités techniques et institutionnelles structurantes, susceptibles d’assurer la sécurité alimentaire et d’améliorer la nutrition.

Il me plait de rappeler, à cet égard, que la Nouvelle Alliance a pour objectif principal de réaliser une croissance agricole soutenue et inclusive, soustraire les populations de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que réduire la pauvreté dans les dix prochaines années.

Nous sommes, dès lors, parties prenantes, d’un combat d’une grande portée historique pour l’avenir de centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants à travers le monde, victimes du péril alimentaire et de la malnutrition.

Je me réjouis, assurément, de constater dans cette assemblée, autant de personnalités aux compétences variées mais complémentaires, de professionnels des questions agricoles, de diplomates et experts de haut niveau, soucieux de s’engager dans ce partenariat mondial.

Je voudrais, au nom de son excellence, le Président Macky SALL, du Gouvernement et du Peuple sénégalais, remercier et féliciter solennellement le G8, qui a eu l’initiative de la Nouvelle Alliance, de même que la Présidente de la Commission de l’Union africaine, pour l’accompagnement remarquable de l’Organisation panafricaine.

Je salue la présence à mes côtés de l’Ambassadeur du Royaume Uni à Dakar, dont le pays assume la présidence en exercice du G8.

C’est également le lieu de saluer la présence de Monsieur Christian Paradis, Ministre canadien du Développement international et de la Francophonie.

En effet, en raison de ses relations de coopération exemplaires avec le Sénégal et de ses efforts remarquables dans des programmes structurants, notamment en appui à la sécurité alimentaire, le Canada s’est proposé auprès de ses pairs du G8, d’offrir au Sénégal, d’être le chef de file devant l’accompagner pour la préparation du Cadre de coopération dont nous consacrons le lancement.

Monsieur le Ministre,

Soyez notre interprète auprès du Gouvernement et du Peuple canadien, pour leur exprimer notre profonde gratitude. Je voudrais également saluer l’appui tout aussi précieux du Gouvernement américain à travers l’USAID, qui a mobilisé un cabinet privé, pour faciliter des contacts de proximité avec des entreprises nationales et internationales, ce qui a notamment permis de recueillir des intentions formelles d’investissement dans le secteur privé.

Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

L’approche de développement du Sénégal est résolument productiviste, pour absorber partiellement ou totalement le déficit de notre pays en produits vivriers, afin d’assurer la sécurité alimentaire et un bon état de nutrition chez toutes les Sénégalaises et tous les sénégalais, et en mettant le secteur privé au cœur de nos préoccupations et de nos actions.

Le secteur privé doit, bien entendu, être considéré ici dans sa diversité, comprenant à la fois les exploitations familiales, impliquant notamment, les femmes et les jeunes, mais aussi, les petites et moyennes entreprises à côté des grandes entreprises.

L’initiative de la Nouvelle Alliance repose sur un processus inclusif, et cela constitue une de ses spécificités, avec la participation du secteur privé, des organisations du monde rural, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers.

La mise en œuvre de ce processus nous a permis d’élaborer un Cadre de coopération de grande qualité, validé non seulement par les parties prenantes que je viens de mentionner, mais également, par le Gouvernement, au cours d’un Conseil interministériel que j’ai personnellement présidé le 30 octobre dernier.

Aujourd’hui, je voudrais saisir cette opportunité, pour remercier tous les acteurs qui ont participé au processus d’élaboration de ce Cadre de coopération et réaffirmer, avec conviction, que le Gouvernement du Sénégal s’engage, à cet égard à :

  1. améliorer et accélérer les réformes visant l’incitation à l’investissement du secteur privé ;
  2. favoriser l’augmentation de la part des crédits bancaires alloués à l’agriculture ;
  3. réduire le poids budgétaire des subventions aux intrants de 0,5% à 0,3% du PIB sur trois ans ;
  4. développer et intégrer, outre les investissements en agriculture pro-nutrition, des composantes pour renforcer la nutrition des individus dans les programmes de santé, d’éducation et de promotion des femmes,
  5. assurer la promotion de l’autonomisation économique des femmes dans le secteur agricole et rural ;
  6. faire respecter et prendre en charge la dimension environnementale, dans tous ses aspects.

La réalisation de tous ces engagements va nous aider à atteindre notre objectif de réduire le taux de pauvreté de 46,7% actuellement, à 39,5% en 2016, et de réduire sensiblement la malnutrition chez les enfants.

Je salue l’engagement du secteur privé et des partenaires techniques et financiers à nos côtés dans cette démarche.

En effet, c’est avec plaisir que j’ai constaté qu’à la fin du mois d’octobre dernier, 32 sociétés du secteur privé ont formulé leur ferme intention d’investir plus de 187 milliards de FCFA dans le secteur agricole et agro-alimentaire au Sénégal.

Ces investissements serviront à stimuler l’innovation technique et technologique par la mise en place de nouvelles unités de formulation d’engrais, de production d’aliments pour animaux d’élevage et de transformation des produits agricoles. Ils permettront, également, la construction de magasins de stockage.

En outre, je note, avec beaucoup de satisfaction, que ces investissements viennent en appui aux exploitations familiales, par la promotion de la contractualisation et l’accompagnement des producteurs par le secteur privé, ainsi que le développement de réseaux de producteurs dans les régions à haute potentialité.

Je note, avec satisfaction, que l’autonomisation et le renforcement du pouvoir économique des femmes, est également un des domaines privilégiés d’intervention avec, en perspective, le renforcement des actions de formations techniques et des facilités d’accès aux équipements agricoles accordées à cette cible.

Je voudrais saluer, par ailleurs, l’engagement de nos partenaires techniques et financiers, à fournir des indications claires de leurs intentions de financement sur une base pluriannuelle, pour une meilleure planification et une meilleure budgétisation des actions.

Mesdames et Messieurs,

Force est de constater que la mise en œuvre efficace du cadre de coopération de la Nouvelle Alliance, requiert un solide système de suivi et d’évaluation s’appuyant notamment sur des plateformes régionales telles que le Système Régional d’Analyse Stratégique et de Gestion des Connaissances, mieux connu sous son acronyme anglais ReSAKSS.

Ces plateformes, faut-il le rappeler, sont destinées à aider les pays dans l’évaluation de leurs options de politique et d’investissement, pour accélérer la croissance et réduire la pauvreté et la faim, en collaboration avec les centres nationaux, régionaux et internationaux compétents.

D’ailleurs, notre rencontre de ce jour consacre ici, également, l’ouverture de la conférence annuelle de ReSAKSS.

Cette convergence est bien opportune car la synergie entre les deux initiatives sont aussi fortes que dynamiques. En effet, la Nouvelle Alliance vise, entre autres, une mobilisation accrue de ressources du secteur privé dans le domaine agricole et agro-alimentaire et la stimulation de l’innovation, alors que le ReSAKSS travaille à la mise en place et à l’opérationnalisation d’un système de suivi et d’évaluation dans ces mêmes domaines.

Il s’y ajoute que ces deux initiatives s’inscrivent en droite ligne de nos programmes phares en matière de sécurité alimentaire et de nutrition et revêtent, en conséquence, une importance particulière.

En effet, dans la Stratégie nationale de Développement économique et social(SNDS) et dans le Programme National d’Investissement Agricole (PNIA), figurent en bonne place la promotion de l’emploi et le développement du secteur privé, ainsi que le développement intégré de l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’aquaculture, l’environnement et la sécurité alimentaire.

Comme vous le constatez, la mise en œuvre de la Nouvelle Alliance requiert une bonne coordination des actions et, à ce niveau, je sais pouvoir compter sur nos organes de gouvernance que sont les comités de pilotage et le comité technique du PNIA qui n’ont ménagé aucun effort pour coordonner l’élaboration du Cadre de coopération. Compte tenu du rôle primordial qu’ils jouent dans le processus, des mesures seront prises pour accroitre la centralité de leurs missions et leur efficacité.

Ils s’engageront davantage, à compter de ce jour, à faire du Cadre de coopération une plateforme d’impulsion et d’accélération de notre marche vers la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

C’est sur cette note d’espoir que je procède au lancement officiel de la mise en œuvre du Cadre de coopération de la Nouvelle Alliance, entre le Gouvernement du Sénégal, les Gouvernements du G8 et les autres partenaires techniques et financiers, pour la sécurité alimentaire et la nutrition.

Je déclare également ouverte, la conférence annuelle du Système Régional d’Analyse Stratégique et de Gestion des Connaissances.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

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