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Deuxième édition du forum économique francophone

Allocution de SEM Macky SALL, Président de la République du Sénégal, Président en exercice de la conférence des chefs d’état et de gouvernement de la francophonie.

Mes chers Collègues, Président Ali, Président Hery,

Monsieur le Premier Ministre Charles Michel,

Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris, notre hôte,

Madame Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

A l’entame de mon propos, je voudrais renouveler mes condoléances émues au peuple Français, suite à l’accident tragique survenu à Puisseguin en Gironde. Puisse les victimes reposer en paix et les blessés retrouver la plénitude de leurs moyens.

Au nom des Instances de la Francophonie, je remercie le Président Hollande et son Gouvernement pour avoir bien voulu accueillir cette deuxième édition du Forum économique francophone, après la première tenue, l’année dernière à Dakar, à l’occasion du XVe Sommet de la Francophonie.

Je remercie également notre Secrétaire générale, Madame Michaëlle Jean, M. Richard Attias et tous ceux qui ont consacré leur temps et leurs efforts à l’organisation de ce Forum.

Au Sommet de Kinshasa en 2012, nous avions demandé à l’OIF et aux Opérateurs de proposer une stratégie économique pour la Francophonie, réunissant pouvoirs publics, entreprises, institutions éducatives et société civile.

C’est ce que nous avons fait à Dakar, en mettant en évidence les forces de l’espace francophone, avec ses 900 millions d’habitants et sa part de 20% dans les échanges mondiaux de marchandises.

La Francophonie, ce sont aussi des affinités autour de la langue française comme instrument de communication et d’échange ; ce sont des valeurs et des aspirations partagées : la liberté, la démocratie, le respect de la diversité culturelle et des droits de l’homme.

Mais la Francophonie, ce sont également les différences dans les niveaux de développement ; un espace où des membres du G7 et du G20 côtoient des pays en développement, certains émergents, d’autres parmi les moins avancés. Et puis, il y a la question centrale de l’énergie, au cœur de l’économie et du changement climatique. Nous sommes soucieux de modes de production à la fois économiquement efficients et écologiquement viables pour sauver la planète. En même temps, il faut tenir compte des besoins de croissance et de compétitivité, en particulier pour les pays en développement.

Je souhaite que la Conférence de Paris nous aide à réussir cette transition, par des engagements fermes sur la limitation du taux d’émission et la mobilisation des ressources au titre du Fonds Vert. Je sais combien le Président Hollande est fortement engagé.

Affinités, différences, contraintes et opportunités de la transition énergétique ; mais aussi prise en compte de la situation spécifique de la jeunesse et des femmes comme acteurs de développement : voilà les fondamentaux de la Stratégie économique pour la Francophonie sur laquelle nous-nous sommes engagés au Sommet de Dakar.

Il s’agit maintenant d’aller de l’avant. De passer des engagements aux actes. De bâtir sur nos affinités et nos valeurs communes une Francophonie des affaires qui tient compte de nos différences. Nous en avons les moyens. Car, en plus de la langue, l’espace francophone recèle d’autres atouts, et non des moindres, dont l’expertise dans les technologies les plus avancées, l’esprit d’entreprise et de partenariat et la capacité d’innovation.

Et beaucoup d’entre nous partagent une tradition juridique commune et des espaces d’intégration qui facilitent les échanges. Je pense à l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires. Je pense aux Communautés économiques, dont certaines sont dotées d’un tarif extérieur et d’une monnaie unique.

Mais, l’une des clefs de réussite dans la promotion des échanges intra francophones, c’est le financement. J’ai l’habitude de le dire à tous les partenaires Européens. L’Europe connait l’Afrique mieux que tout autre continent. Et contrairement à certaines idées reçues, nos portes restent toujours ouvertes.

Mais je dois aussi dire qu’à qualité et expertise égales, les conditions de financement et la diligence dans les procédures feront toujours la différence. J’ai souvenance que le Président Hollande avait fait le même constat, à Bercy, en février dernier, lors du Forum franco-africain pour une croissance partagée, en annonçant une série de mesures pour soutenir le financement des entreprises françaises intervenant en Afrique.

Je veux citer notamment :

  • l’ouverture aux pays africains de la « Réserve Pays Emergents » pour financer de grands projets ;
  • la création d’une banque française de l’exportation au service des grands contrats internationaux ;
  • un milliard d’euros pour la transition énergétique ;
  • et enfin, l’amélioration des conditions de garantie de la COFACE pour l’assurance du financement des projets.

Ces mesures vont dans le bon sens. Il faut s’en féliciter.

Il en est de même de l’ouverture prochaine à Dakar d’une Représentation Québécoise pour développer les relations économiques avec l’Afrique de l’ouest.

Nous devons, en même temps, travailler partout à l’amélioration continue de l’environnement des affaires, pour plus de transparence, de célérité et d’efficacité dans l’échange et l’investissement.

J’ai parcouru les thèmes proposés pour les travaux d’ateliers. Ils sont tous pertinents à mon sens ; qu’ils touchent à l’agriculture, au système éducatif pour une réelle économie francophone, à l’information, au numérique et aux jeunes entrepreneurs francophones, entre autres sujets.

Mais il y a aussi la question de la mobilité. Posons-la, car elle est tout aussi importante. Elle sera certainement dans l’agenda du Sommet de Malte sur la migration, dans quelques jours.

L’échange dans la Francophonie se fera par le mouvement, par la libre circulation des biens et des services certes, mais aussi par la mobilité des acteurs de l’échange.

Si nous voulons entreprendre ensemble dans une économie mondiale soumise à la libre concurrence, nous devons faire en sorte que les hommes et femmes d’affaires de l’espace francophone puissent s’y mouvoir sans obstacles indus. Ceux et celles qui ont des raisons et les moyens de se déplacer pour les besoins de leurs affaires devraient pouvoir le faire sans entraves. Travaillons ensemble pour y arriver.

C’est l’essence même de la francophonie des valeurs. Et c’est une des conditions de réussite de la Francophonie économique.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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