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Déclaration de Politique générale de Monsieur Abdoul Mbaye, Premier ministre de la République du Sénégal

DAKAR, le 10 septembre 2012

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Allocution d’ouverture de Monsieur Moustapha Niasse, Président de l’Assemblée nationale

PDF - 205.5 ko Résumé de la Déclaration de politique générale (PDF, 205.5 ko)
PDF - 411.4 ko Déclaration de politique générale (PDF, 411.4 ko)

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Honorables Députés,

Vous pouvez aisément deviner l’émotion qui est la mienne de me trouver devant vous aujourd’hui, illustres mandataires du Peuple sénégalais, brillamment élus pour la douzième législature de notre jeune République.

Cette émotion est celle d’un fils du Sénégal, hautement conscient de se trouver dans un lieu chargé d’histoire, dans un lieu où tant de décisions cruciales pour la vie de notre Nation ont été adoptées par les représentants du Peuple souverain. Dans un lieu, enfin, où certaines des pages les plus marquantes de l’histoire de la démocratie sénégalaise ont été écrites.

C’est également l’émotion d’accomplir, en ce jour, un rituel particulièrement important dans la vie d’une démocratie, un rituel qui est le privilège des peuples libres, devant lesquels les gouvernants sont des serviteurs et non des maîtres.

Mais ma fierté se trouve renforcée d’accomplir ce rituel au sein d’un hémicycle où, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la place des femmes est à la mesure de leur représentativité sociale, ainsi que de leur contribution déterminante à la consolidation de la démocratie sénégalaise.

La configuration de cette Assemblée nationale augure d’une nouvelle ère dans la vie de votre prestigieuse Institution. Une ère de rupture attendue et espérée par tous nos compatriotes.

Tous les membres du Gouvernement, que j’ai l’honneur de diriger, s’associent à moi pour vous présenter nos félicitations les plus chaleureuses et vous dire, avec la plus grande conviction, que nous resterons toujours extrêmement attentifs à vos interpellations, vos suggestions et vos critiques, pour des échanges féconds entre nos deux institutions et dans l’intérêt exclusif de la Nation.

Car le Peuple vous a confié la haute mission de légiférer en son nom, ainsi que d’assurer le contrôle de l’action gouvernementale pour les cinq prochaines années.

Je mesure toute l’étendue de cette mission et prie pour que la ferveur et l’énergie qui vous animent, soient chaque jour raffermis, pour l’accomplissement avec succès de votre sacerdoce.

Monsieur le Président, honorables Députés,

C’est avec beaucoup d’humilité et une haute conscience des charges qui sont les miennes, que je décline devant vous, ma déclaration de politique générale, qui vise à traduire en programmes et actes concrets, la vision du Président de la République Macky SALL.

Je sacrifie avec plaisir à cette tradition républicaine, consacrée par la constitution de notre pays, en saluant avec respect, l’action de chacun de mes prédécesseurs, pour leur contribution à la marche de notre pays vers le progrès.

En m’adressant ce matin à votre auguste Assemblée, j’éprouve une immense fierté d’appartenir à un grand Peuple, de faire partie d’une grande Nation, de vivre dans un pays respecté à travers le monde. Un pays qui vient de vivre, encore une fois, deux échéances électorales majeures, qui lui ont permis de consolider sa place dans le cercle restreint des grandes démocraties modernes.

En effet, le 25 mars 2012, déjouant les prédictions les plus pessimistes, le Peuple sénégalais, dans un élan patriotique et avec un sens élevé de la pratique démocratique, exprimait sans équivoque et avec une sérénité impressionnante, son aspiration au changement, en portant son choix sur le Président de la République, Son Excellence, Monsieur Macky SALL.

En réussissant cette seconde alternance démocratique, le Peuple sénégalais a franchi une nouvelle étape dans la marche de son histoire. Il y avait sans aucun doute une succession d’évènements qui présageaient de cette issue inéluctable, après tant d’attentes insatisfaites, d’espoirs déçus, de perspectives obstruées, d’issues incertaines, après l’immense espoir suscité par la première alternance survenue le 19 mars 2000.

Les observateurs attentifs avaient bien décelé, depuis quelques années, le désir irrésistible des sénégalaises et des sénégalais au changement, leur aspiration à être gouvernés autrement, dans la rigueur, la sobriété et l’éthique.

Je voudrais donc, ici, réitérer mes plus profonds remerciements au Chef de l’Etat, qui m’a chargé de conduire le Gouvernement dont la mission exaltante est de traduire sa vision et de réaliser sa généreuse ambition pour le Sénégal.

Comme vous le savez, sa vision qui cristallise les attentes et espoirs des sénégalais, a été forgée au contact du pays profond, au constat du malaise social et des nombreuses fractures qui traversent la société sénégalaise, à l’observation d’une méthode de gouvernance qui appelait le changement.

Elle découle d’une connaissance intime des réalités de nos terroirs, de l’observation des dures réalités quotidiennes des ménages ruraux, et des conditions de vie précaires des populations dans les centres urbains et périurbains.

La vision du président de la République s’est enrichie de patientes séances d’écoute, de discussions et de partage avec les sénégalaises et sénégalais de tous les âges et de toutes les conditions, des villes, mais aussi des villages et hameaux les plus reculés du pays.

Cette vision prend également sa source au contact de nos compatriotes de la Diaspora, à la quête dans d’autres pays et continents, au prix de multiples sacrifices et de privations, d’un mieux être pour eux-mêmes, mais surtout pour leurs familles, leur terroir et leur pays.

Cette vision est condensée dans le programme Yoonu Yokuté du Candidat qu’il fut.

Elle s’inspire également de la marche du monde, marquée notamment par une série de crises, qui ont fini de remettre en cause bien des doctrines et approches en matière de développement économique. Cette vision, c’est celle d’un Sénégal émergent, abritant une société sur le chemin du progrès, solidaire et adossée à des valeurs telles que le respect de soi-même, de l’autre et du bien public ; sans oublier : la justice, l’équité, le sens du devoir.

Des valeurs qui ont été magnifiées au cours des Assises nationales, moments intenses d’analyse et de dialogue entre forces vives de la Nation qui souhaitaient une autre voie pour notre pays, une autre gouvernance.

Ces valeurs ont été le catalyseur de l’exceptionnelle mobilisation pour la défense de la Constitution le 23 juin 2011, avec aux premiers rangs, une jeunesse vibrante de courage et d’énergie, debout, dès les premières heures de la journée, pour faire face à l’arbitraire et défendre la démocratie.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Nous assistons aujourd’hui à des mutations profondes d’une société, avec un Peuple conscient que sa souveraineté est inaliénable. Son message ne souffre d’aucune ambiguïté.

C’est un message que nous avons bien compris.

C’est un message qui rappelle à tous les pouvoirs publics leurs devoirs devant la Nation.

C’est un message qui réclame la fin de l’arrogance et de l’impunité, la juste récompense de l’effort, du mérite et de la compétence. A cet égard, je puis vous dire que c’est le Peuple lui-même qui a fixé ses exigences.

La mission du Gouvernement est de les satisfaire, en prenant pour boussole la vision du Chef de l’Etat.

Car cette vision a fixé le cap et clairement défini les urgences, de même qu’elle a parfaitement identifié les réformes de profondeur à réaliser. Elle est fondée sur l’analyse lucide d’un contexte macroéconomique et social fortement délétère.

Jugeons-en !

La croissance du PIB a connu au cours de ces dernières années une fluctuation erratique, du fait d’une forte vulnérabilité de l’économie aux chocs exogènes et aux aléas climatiques.

L’activité économique a cru de 2,6% en 2011 contre 4,1% en 2010. Ce ralentissement est essentiellement lié à la contreperformance du secteur agricole qui s’est contracté de plus de 20%.

Cette situation traduit la très forte sensibilité de l’économie sénégalaise aux aléas climatiques, car le PIB non agricole affiche une hausse de 4,8%, imputable à la bonne tenue des secteurs secondaire et tertiaire en 2011.

L’inflation s’est établie à 3,4% en 2011, au-delà du seuil fixé pour les Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine. Notre balance courante est structurellement déficitaire avec un solde ressorti à -6,4% du PIB en 2011, en liaison avec les politiques macroéconomiques parfois inappropriées, la vulnérabilité aux chocs exogènes et des orientations sectorielles souvent hasardeuses.

Ce niveau élevé de déficit requiert une réorientation de nos choix en matière de politique économique, pour permettre à notre pays de mieux tirer parti de ses échanges avec le reste du monde.

Comme vous l’avez sans doute constaté, au plan sectoriel, plusieurs branches qui, dans un passé récent, étaient fortement contributrices aux recettes d’exportation ont été en recul : les industries chimiques, la pêche et le tourisme notamment.

Ces niveaux élevés de déficit courant traduisent une perte de compétitivité compromettante pour les perspectives de rééquilibrage de notre commerce extérieur.

Le déficit du compte courant reste malheureusement couplé à un important déséquilibre budgétaire.

En dépit d’une bonne tenue des recettes qui ont doublé entre 2000 et 2010, le déficit budgétaire n’a cessé de se creuser, pour atteindre 455 milliards en 2011, représentant 6,7% du PIB, et 33,1% des recettes fiscales et non fiscales.

L’encours de notre dette publique a sensiblement augmenté entre 2006 et 2011, passant de 1023 milliards de FCFA, soit 21% du PIB, à 2704 milliards de FCFA, représentant 40% du PIB.

Cette évolution rapide de notre dette pour financer des investissements ne s’est cependant pas traduite par une amélioration conséquente de la productivité de l’économie et des conditions de vie des ménages.

Il s’y ajoute que nos options récentes en matière d’endettement intérieur ont été fortement marquées par le recours abusif aux instruments de court terme.

Notre pays doit supporter un service de la dette de 493 milliards en 2012, dont 412 milliards au titre du remboursement de sa dette intérieure de 653 milliards de FCFA.

Le Sénégal est ainsi entré dans un cercle vicieux, où il doit emprunter pour rembourser sa dette intérieure, dont le temps moyen de renouvellement est de 14 mois.

De plus, notre potentiel de croissance n’a pu être pleinement optimisé ces dernières années, du fait, notamment, des fortes contraintes induites par la crise énergétique.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Cet exposé de chiffres peut paraître assez rébarbatif, mais il était nécessaire pour apprécier ce qu’était la situation du Sénégal sur le plan macroéconomique lorsqu’intervenait l’alternance du 25 mars dernier. Car, malheureusement, lorsque les chiffres de l’économie ne sont pas brillants, c’est le citoyen qui le ressent dans sa chair et dans son vécu quotidien. Ce n’est pas un exercice théorique.

Concrètement, des actions avaient certes été entreprises et des progrès enregistrés dans certains secteurs, notamment les infrastructures.

Toutefois, l’inopportunité de certaines options en matière de réalisation d’infrastructures structurantes, et le retard dans l’application de réformes structurelles majeures, ont maintenu dans une regrettable inertie des secteurs à fort potentiel de création de richesse et d’emplois, et des pôles de production.

Trop de priorités et d’urgences ont été souvent négligées au profit de dépenses somptuaires et couteuses. Alors qu’on s’interroge encore sur l’opportunité et la justification des sommes colossales englouties dans l’organisation de conférences, de voyages, ainsi que d’un festival.

Au même moment, nos compatriotes attendent toujours des solutions durables à la crise énergétique résultant d’une offre insuffisante, coûteuse et instable d’électricité, d’un déficit de production structurel, d’une vétusté des réseaux de transport et de distribution.

Cet état de fait est aggravé par la situation financière critique de la SENELEC, et les coûts de production élevés de l’électricité, largement en déphasage avec les tarifs actuels du fait d’un recours trop important à l’énergie thermique.

Les réponses du Plan Takkal ont révélé toutes leurs limites, avec des coûts de location élevés et insoutenables sur la durée, un retard dans la réalisation des investissements, une option stratégique risquée, axée pour l’essentiel sur les centrales à charbon, et enfin, l’absence d’un calendrier précis pour rétablir la compétitivité du secteur.

Au plan sanitaire, le dénuement ou l’inaccessibilité des services de soins, l’indigence des plateaux techniques, l’insuffisance de personnel qualifié et les difficultés récurrentes de gouvernance des structures sanitaires, sont les meilleures illustrations des faiblesses d’un système de santé qui doit inévitablement opérer sa mue.

L’assainissement urbain est confronté à des défis majeurs, du fait de retards d’investissements importants, de la faiblesse et de la vétusté de son réseau, face à une urbanisation galopante et mal contrôlée. Aujourd’hui, la moitié des capitales régionales ne dispose pas encore d’un réseau d’assainissement des eaux usées et, généralement, pour celles qui en disposent, seul leur centre-ville est desservi.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

L’actualité récente vient encore de nous rappeler, douloureusement, à quel point les inondations pour cause de pluie constituent un fléau national.

Ces inondations révèlent les dysfonctionnements et incohérences qui ont marqué sur plusieurs décennies les politiques en matière d’aménagement, d’occupation de l’espace urbain et d’assainissement de notre cadre de vie.

Je m’incline une nouvelle fois devant la mémoire de nos compatriotes qui ont perdu la vie au cours des dernières calamités et j’affirme ici, devant vous, représentants du Peuple souverain, que le Gouvernement ne trouvera pas le repos tant que nous n’aurons pas apporté une solution définitive à ce fléau.

A côté des inondations, la gestion des ordures se pose avec acuité dans nos villes, avec les dysfonctionnements récurrents du système de nettoiement. La prolifération des décharges sauvages dégrade le cadre de vie des populations et génère des risques sanitaires élevés.

Notre pays doit faire face à une forte croissance urbaine et à des faiblesses persistantes en matière de planification spatiale. Une situation qui génère une occupation anarchique de l’espace ainsi que des difficultés d’accès à la propriété pour une grande majorité de nos compatriotes.

L’accès à l’habitat est rendu difficile par les coûts élevés de production et de cession des logements, la raréfaction des réserves foncières qui ont été jetées entre les mains avides des spéculateurs, et les limites des programmes publics de promotion de l’habitat social.

Monsieur le Président, Honorables Députés, je veux vous parler de notre système éducatif qui vit un malaise profond.

Notre école est en proie à une instabilité chronique, au point que nos enfants, qui sont plus souvent dans les rues que dans les salles de classe, en arrivent à souhaiter parfois une année blanche, alors même que des efforts budgétaires importants sont pourtant consentis au profit du système scolaire.

Car nous ne devons pas oublier que les dépenses publiques pour l’éducation, ont atteint plus de 2400 milliards de FCFA entre 2000 et 2010. Chaque année, l’école absorbe plus du cinquième du budget de l’Etat.

En dépit de ces efforts, elle est sujette à une dégradation continue de la qualité des enseignements et des apprentissages, avec de faibles taux d’achèvement, de transition, et de réussite aux examens. A cela s’ajoute la faible intégration des modèles alternatifs d’éducation qui constituent une forte demande des populations.

Très peu développée, l’offre de formation technique et professionnelle ne coïncide pas encore avec les besoins du marché de l’emploi.

L’enseignement supérieur continue de produire beaucoup de diplômés non compétitifs sur le marché du travail.

Aux faibles capacités d’accueil des établissements, concentrés pour l’essentiel à Dakar, s’ajoutent une surcharge des effectifs d’étudiants et une dégradation continue de la qualité des enseignements.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, le Sénégal peine encore à assurer sa sécurité alimentaire, et à faire de l’agriculture le moteur de sa croissance.

C’est pourquoi, je suis venu vous parler de l’agriculture, qui, comme les populations qui en vivent, reste encore vulnérable aux aléas climatiques, malgré un potentiel appréciable en terres cultivables et en ressources hydriques.

En outre, les politiques agricoles récentes ont été négativement marquées dans leurs orientations, leurs dispositifs de pilotage et leurs applications sur le terrain.

Le net recul des productions vivrières de 36%, consécutif à la sécheresse qui a sévi au Sahel en 2011, a engendré un déficit céréalier de 238.000 tonnes, pendant que les productions d’arachide et de coton enregistraient des baisses respectives de 59% et 21%.

La situation du monde rural s’en est vivement ressentie, avec les rigueurs d’une période de soudure longue et éprouvante, aggravée par le déficit en pâturage qui menaçait de disparition plus de 25% du cheptel.

Le renchérissement du coût de la vie continue d’affecter fortement le pouvoir d’achat des ménages.

Importateur net de produits alimentaires, le Sénégal n’est pas à l’abri des turbulences des marchés internationaux et reste, plus que jamais, exposé aux fluctuations de prix sur lesquels l’Etat n’a pas suffisamment prise.

Les perspectives ne sont d’ailleurs guère rassurantes, du fait d’une demande en hausse et d’un ralentissement de la croissance de la production mondiale qui pèseront encore fortement sur les marchés des produits alimentaires.

Au moment où je m’adresse à vous, le monde vit une flambée des prix des céréales. Il y en a eu dans un passé récent. Il y en aura de plus en plus dans l’avenir. Nous devons nous battre pour contenir les effets du choc actuel, mais surtout nous devons organiser les conditions de notre sécurité alimentaire durable.

Nous devons le faire d’autant plus que notre pays connaît, en 2011, un taux de pauvreté élevé de 46,7% au niveau national et de 69,3% en milieu rural.

Cette persistance de la pauvreté résulte d’une part, d’une faiblesse de la croissance économique et d’autre part, d’un déséquilibre dans la distribution de la richesse nationale.

Monsieur le Président, Honorables Députés, on peut difficilement échapper à la pauvreté lorsque l’on ne vit pas dans une société juste, alors je suis venu vous parler de la Justice.

Notre Justice souffre encore de nombreux dysfonctionnements liés à la complexité de son organisation, à sa faible accessibilité, à la faiblesse de ses moyens humains, financiers et matériels.

A ces maux s’ajoute la complexité des textes et des procédures, ces dernières étant jugées trop longues et trop lentes par le justiciable. Dois-je encore revenir sur le non dénouement de certains dossiers judiciaires, alors que toutes les procédures ont été épuisées, sur l’impunité qu’offrait jusqu’ici la proximité avec le pouvoir ?

Ai-je besoin d’évoquer devant vous, les nombreuses fautes de gestion avérées qui ont pesé, jusqu’ici, sur la gestion des finances publiques, la conclusion de nombreux contrats publics ou transactions dans des conditions de non transparence ?

Monsieur le Président, Honorables Députés, les défis en face de nous sont multiples !

Certains relèvent de questions de survie, au regard de leur acuité et de la précarité dans laquelle elles installent les populations. Ils nécessitent donc des mesures urgentes.

Je veux parler d’une part, du coût élevé de la vie, devenu de moins en moins soutenable pour les ménages, et d’autre part, des urgences du monde rural et des inondations.

D’autres défis s’y ajoutent et nécessiteront des solutions structurelles : l’emploi des jeunes, la sécurité alimentaire, l’amélioration durable des revenus du monde rural, l’assainissement du cadre de vie, l’accès de tous les citoyens à des services sociaux de base de qualité, l’amélioration de l’environnement des affaires, la bonne gouvernance, l’assainissement des finances publiques, la consolidation des bases d’une croissance forte, durable et inclusive, le renforcement de la démocratie et de la sécurité.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le Président Macky SALL, en qui les Sénégalais ont placé leur confiance le 25 mars 2012, entend, à travers son Programme Yoonu Yokkute, apporter des réponses concrètes aux attentes légitimes d’un Peuple en quête d’épanouissement et de bien être.

Dans cette perspective, le Gouvernement s’engage à :

  • mettre fin aux injustices sociales ;
  • asseoir des bases économiques solides pour le développement ;
  • atteindre une productivité développante ;
  • devenir un modèle de gouvernance efficace ;
  • contribuer à garantir la paix, la stabilité, la sécurité et l’intégration régionale.

Nos priorités seront centrées sur les jeunes et les femmes, acteurs du développement, forces motrices des changements et cibles principales des politiques sociales, mais également sur le monde rural, pour en faire un véritable centre d’impulsion de la croissance.

A ce titre, les principes qui sous-tendent l’action du Gouvernement peuvent être résumés en trois mots : protection, transparence et efficience.

Protection ! Parce que les Sénégalais dans leur majorité, meurtris par une crise économique et sociale qui leur devient de moins en moins supportable, commençaient à être gagnés par un sentiment d’abandon de la part de l’Etat.

C’est la raison pour laquelle l’une des priorités du Gouvernement sera de restaurer un Etat protecteur des populations, un Etat proche des citoyens, qui assure une juste redistribution des fruits de la croissance, préserve les libertés et garantit l’équité ainsi que l’égalité de tous devant la loi.

Transparence ! Parce que les Sénégalais dans leur quasi-totalité, spectateurs réguliers de multiples dérives dans la gestion de la chose publique, commençaient à s’habituer au règne de l’opacité et du non-droit.

C’est la raison pour laquelle l’une des priorités du Gouvernement sera de rétablir un Etat transparent, qui défend l’éthique dans la gestion ainsi que le retour aux valeurs sociales de référence, à commencer par le respect de l’autorité ; de restaurer un Etat au service exclusif des intérêts de la Nation.

Efficience ! Parce que l’Etat du Sénégal s’était mis hors du chemin de la bonne gouvernance, le seul pourtant qui permette à une administration compétente et intègre d’offrir aux citoyens des prestations de qualité et au meilleur coût.

C’est la raison pour laquelle l’une des priorités du Gouvernement sera de réinventer un Etat efficient, sobre et régulateur, un Etat qui impulse et assure le plein épanouissement des potentialités de chaque citoyen et de toutes les localités ; un Etat qui assure la sauvegarde des ressources et une gouvernance de proximité.

  • La protection des Sénégalais est notre credo.
  • La transparence est notre option essentielle.
  • L’efficience est notre méthode.

Ces trois axes vont constamment nous guider dans l’application de la feuille de route tracée par le Chef de l’Etat.

L’action du Gouvernement sera principalement marquée par les options stratégiques suivantes :

- la consolidation des bases d’une gouvernance démocratique, transparente, plus rigoureuse, plus efficace, basée sur la satisfaction des besoins prioritaires des populations et la lutte contre les injustices sociales ;

- le renforcement de la décentralisation et la territorialisation des politiques publiques, en vue de donner une plus forte impulsion au développement des terroirs ;

- une croissance soutenue, durable et inclusive, bâtie autour :

  • d’un meilleur environnement des affaires favorisant l’attractivité de notre économie aux investissements privés ;
  • et d’autre part, d’un développement plus équilibré du territoire, avec l’émergence de pôles de développement régionaux dynamiques, et la relance du secteur agricole.

Ces pôles de développement seront spécialisés en fonction de leurs potentialités naturelles, et seront dotés d’un plateau d’équipements sociaux de base, d’infrastructures et de services de soutien à la production, de pôles universitaires et de recherche, et de centres de formation professionnelle spécialisés.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

C’est donc, à travers la mise en oeuvre de ce programme de rupture que le Gouvernement apportera les changements attendus par les Sénégalaises et les Sénégalais.

Oui. il s’agira bien d’oser, d’innover, de travailler. A la fois dans l’urgence et dans la prospective.

Vous comprenez aisément, que devant les multiples urgences qui nous ont assaillis, les premières actions du Gouvernement, conformément aux instructions du Président Macky SALL, ont porté sur la baisse des prix des denrées de première nécessité, la distribution de vivres de soudure et d’aliments de bétail et la subvention des intrants agricoles.

Le coût de ces mesures est évalué à 83 milliards de FCFA, auxquels il faut ajouter une enveloppe de 120 milliards de FCFA, au titre de la compensation tarifaire, induite par les options onéreuses du Plan Takkal.

Le Gouvernement devait également faire face à des arriérés de paiement dus aux entreprises, estimés à 150 milliards de FCFA, à fin mars 2012, et à des moins-values de recettes budgétaires de l’ordre de 35 milliards de FCFA à cette même date.

La prise en charge de ces mesures conduisait à un déficit public excédant 8% du PIB, niveau incompatible avec un objectif de stabilité macroéconomique.

C’est pourquoi, dans les prochains jours, un projet de Loi de Finances Rectificative sera soumis à votre examen, portant sur la réduction, voire la suppression, de certaines dépenses jugées non prioritaires.

Ces mesures permettront de limiter le déficit public à 6,4% et le Gouvernement s’engage à prendre toutes les dispositions pour un retour rapide à l’orthodoxie budgétaire. C’est un principe de base de bonne gestion des affaires publiques.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Il n’échappe à personne, que le redressement économique, la relance de la croissance et la correction des injustices sociales, exigeront des efforts collectifs, que nous devrons tous consentir, dans l’intérêt général.

Car, il nous faut tout d’abord asseoir les bases d’une économie stable, et ainsi donner des fondations solides à la croissance.

La stratégie adoptée vise à placer, dès à présent, le Sénégal sur la voie de l’émergence et à garantir un développement pérenne avec, à la clef, des retombées équitablement reparties.

La croissance devrait remonter à 3,9% en 2012, grâce notamment à une reprise de la production agricole.

Cette croissance sera soutenue principalement par le renforcement des capacités énergétiques, la poursuite des travaux de l’autoroute à péage et de l’aéroport Blaise Diagne, le démarrage effectif des travaux du Millenium Challenge Account, symbole de la coopération entre les Etats Unis d’Amérique et notre pays, et la reprise du tourisme.

Le Gouvernement veillera à ce que l’inflation soit contenue en deçà de la norme communautaire fixée à 3%, et que le déficit budgétaire soit ramené sous la barre de 5% en 2013, puis à moins de 4% du PIB en 2015 afin d’assurer la viabilité des finances publiques.

Dans cette perspective, la réduction du train de vie de l’Etat sera poursuivie avec une rationalisation de notre carte diplomatique et des dépenses dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture. C’est une démarche similaire qui conduit à proposer la suppression du Sénat.

Une politique d’emprunt plus prudente sera menée, afin de préserver la viabilité de la dette publique.

La Stratégie de Gestion de la Dette à Moyen Terme, qui sera finalisée avant fin septembre 2012, permettra un reprofilage de notre dette. Notre pays privilégiera désormais les prêts concessionnels pour les emprunts extérieurs, et les instruments de long terme pour les émissions de titres publics.

Car si aucun Etat ne peut vivre sans dettes, il existe un art de s’endetter de façon intelligente, et le Gouvernement est bien résolu à en exploiter toutes les ficelles.

Le nouveau Code Général des Impôts, que nous allons proposer à votre examen dans les prochaines semaines, ainsi que la poursuite de la modernisation des administrations fiscale et douanière, permettront d’accroître de façon sensible les recettes budgétaires, afin de dégager une plus grande marge de manoeuvre pour financer les dépenses prioritaires.

La baisse de la fiscalité sur les salaires à partir du 1er janvier 2013, ainsi que le relèvement de 7% à 10% du taux des pensions de retraite versées par l’IPRES déjà effectif cette année, se traduiront par l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages.

Pour conforter davantage ce pouvoir d’achat, une large place sera accordée à la réorganisation des circuits de distribution, à la maîtrise de la structure des prix et des marges, ainsi qu’aux conditions de surveillance et d’approvisionnement du marché des denrées alimentaires.

Cette politique de réduction du coût de la vie devra bénéficier, à moyen terme, des effets de nos fortes options en matière d’intensification agricole, de diversification, de transformation et de valorisation des produits locaux, pour la satisfaction de la demande locale, dans de meilleures conditions de coût et de qualité. Notre production locale devant davantage profiter de la consommation nationale.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Pour réaliser son programme économique et social, le Gouvernement continuera de faire appel aux partenaires traditionnels de notre pays, dont plusieurs ont déjà su être présents à nos côtés aux heures de l’urgence. Il a en outre décidé de concevoir un certain nombre de fonds autonomes, qui devront être alimentés à partir de ressources internes et d’appuis de nos partenaires extérieurs.

Il s’agit d’abord du Fonds de Garantie et d’Investissements Prioritaires (FONGIP), qui apportera des appuis ciblés destinés aux petites initiatives, aux micro-entreprises, et enfin aux PME/PMI, qui doivent constituer le socle de notre croissance.

Les PME/PMI bénéficieront de programmes de mise à niveau, ainsi que d’appuis en matière de réorganisation de leur système de production et de management.

La création d’un Fonds Souverain d’Investissement Stratégique (FONSIS) contribuera à apporter des ressources aux entreprises privées et parapubliques nationales à fort potentiel de développement, notamment dans les secteurs des BTP, des médias, des télécommunications, de l’agroalimentaire, de l’énergie et des hydrocarbures etc. Il permettra aussi de renforcer la gouvernance de ces entreprises.

Ces fonds constitueront des instruments d’appoint déterminants pour stimuler l’investissement privé, tout en accroissant les performances du secteur public et parapublic.

L’économie trouvera également de nouveaux instruments de financement avec l’amélioration du cadre fiscal de l’activité de crédit-bail, du capital-risque et le développement de la finance islamique.

Nous ferons aussi surement appel, suivant une démarche inclusive et participative, à la solidarité des secteurs à forte croissance par le biais de prélèvements spécifiques.

Par ailleurs, des réflexions sur la réforme de l’épargne institutionnelle seront entamées, notamment la poursuite de la restructuration du secteur des assurances, des systèmes de retraite, la valorisation des ressources de la Caisse des Dépôts et des Consignations, et l’approfondissement du marché des capitaux.

En outre, pour la réalisation des grands travaux, l’Etat fait l’option de privilégier le partenariat public/privé, avec le recours aux mécanismes de financement innovants.

La contractualisation avec des opérateurs privés dans les secteurs hautement capitalistiques, permet en effet à l’Etat de libérer d’importantes ressources, pour les orienter vers d’autres priorités.

Le Président de la République a réaffirmé la volonté de l’Etat d’assurer la promotion d’un secteur privé national fort. Ce patriotisme économique doit toutefois se traduire dans des conditions qui garantissent les principes de transparence, d’équité et d’efficacité.

Vous l’aurez donc constaté, les réformes engagées devraient donner une nouvelle impulsion au financement des actions d’investissement prioritaires et stimuler l’activité économique.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Pour stimuler l’investissement, il est indispensable d’améliorer l’environnement des affaires.

A cet effet, le Gouvernement s’est engagé à parachever les réformes structurelles identifiées dans le cadre du Conseil Présidentiel de l’Investissement, et qui visent à placer le Sénégal dans le groupe des pays africains disposant d’un environnement des affaires de classe internationale.

Une vaste réflexion sera engagée sur le foncier en vue de satisfaire l’importante demande du secteur privé d’accès à des terres pour réaliser des projets phares, notamment dans le domaine du tourisme et de l’agriculture.

Cette réflexion devrait aboutir à une réforme attractive pour l’investisseur, mais qui préserve les intérêts des populations et de la Nation.

Elle sera une opportunité pour mieux assurer la sécurisation des exploitations familiales agricoles et leur modernisation, en permettant l’accès des producteurs au crédit.

Notre ambition est de parvenir également à une meilleure maîtrise des coûts des facteurs et à une disponibilité de ressources humaines bien formées, indispensables pour asseoir la compétitivité des entreprises.

La restructuration du secteur névralgique de l’énergie apparaît donc comme une « sur-priorité », pour garantir une fourniture stable d’électricité aux entreprises et aux ménages, à des coûts maîtrisés, supportables, et ne grevant pas la compétitivité de l’économie.

La politique énergétique du Gouvernement visera à apporter des réponses adéquates aux questions urgentes liées à la demande, mais également à garantir des solutions durables, dans un contexte de gestion transparente et de bonne gouvernance du secteur.

Notre objectif à court terme, est d’assurer la qualité de la fourniture d’électricité tout en limitant les subventions qui pèsent lourd sur les finances publiques et entravent le financement d’autres actions prioritaires.

A cet effet, les programmes en cours de réhabilitation des centrales seront accélérés, en vue de leur livraison en 2013, de même que l’installation de capacités intermédiaires pour une puissance de 200 mégawatts, afin de renforcer les 536 mégawatts de la SENELEC.

En outre, seront mis en oeuvre un plan de restructuration opérationnelle et financière, ainsi qu’une réforme institutionnelle de la SENELEC, dont le déficit, à la charge de l’ensemble de la collectivité, constitue un lourd boulet, handicapant l’économie sénégalaise et sa compétitivité.

Diverses autres actions sont déjà en cours pour l’amélioration de la distribution et la maitrise de la demande, avec notamment la diffusion des lampes à basse consommation, de même que la promotion de l’utilisation des kits solaires.

Dans les moyen et long termes, notre politique énergétique s’attachera à consolider durablement les disponibilités énergétiques, à réduire de manière structurelle les coûts de l’électricité, ainsi qu’à renforcer notre indépendance énergétique.

L’accent sera donc mis sur la diversification des sources et une politique de mix énergétique associant, d’une part, les énergies traditionnelles, telles que le charbon, les hydrocarbures gazeux et liquide, l’énergie hydraulique et d’autre part, les énergies renouvelables, notamment le solaire, l’éolienne et la biomasse.

A cet égard, tous les efforts de l’Etat seront centrés sur l’exécution correcte des programmes de consolidation des capacités de production, avec la réalisation de centrales utilisant des sources d’énergie moins couteuses, le recours au solaire pour l’éclairage public et la promotion de son utilisation dans les bâtiments appartenant à l’Administration.

D’ici à 2015, le renforcement de la coopération énergétique sous-régionale permettra aussi à notre pays de bénéficier de la mise en service des centrales hydroélectriques réalisées dans le cadre de l’OMVS (Felou puis Gouina).

Le Gouvernement va également recourir à l’interconnexion au réseau nord-africain et ouest-africain pour bénéficier de possibles excédents, en particulier ceux de la Mauritanie.

Cet accroissement de l’offre de production sera combiné à celle des infrastructures de transport, avec la réalisation d’un réseau sur les axes Nord et Centre du pays, pour améliorer les performances et garantir l’intégration énergétique sous-régionale.

S’agissant des hydrocarbures, les actions du Gouvernement seront centrées sur une meilleure régulation du secteur, pour restaurer sa compétitivité et assurer une plus forte implication du privé dans les investissements, dans des conditions transparentes.

Des efforts seront entrepris pour sécuriser notre approvisionnement pour les hydrocarbures, ainsi qu’une meilleure maîtrise de la structure des prix pour réduire toutes les niches de surcoût, et ceci au profit des ménages.

Enfin, le Gouvernement favorisera une plus grande transparence dans les opérations de prospection et de recherche pétrolières, ainsi qu’une plus forte implication du secteur privé national.

L’option du Gouvernement de régler de manière durable la crise énergétique, mais aussi la mise en oeuvre de notre programme social, nous conduisent à rationaliser la subvention sur l’électricité, devenue de moins en moins soutenable pour les finances publiques.

A cet effet, des ajustements tarifaires sont à l’étude sur certaines catégories de consommateurs, afin de protéger les ménages à faible revenu et préserver la compétitivité de l’économie.

Stimuler la compétitivité est la voie pour asseoir les conditions d’une productivité élevée et durable, mais à la condition de disposer d’un secteur privé renforcé.

Au-delà du rôle de locomotive que continueront de jouer les grandes entreprises, le développement du secteur privé reposera avant tout sur l’émergence d’un socle de petites et moyennes entreprises de production de biens et services, ainsi que sur une mutation progressive du secteur informel.

Il nous faut bien noter que si l’économie informelle ne saurait être ni méthode, ni objectif, nous nous devons par contre de libérer l’entrepreneur naissant d’un formalisme excessif, inutile et inhibant. La récente réforme du droit de l’OHADA a consacré le statut de l’ « entreprenant ». Le Gouvernement prendra les mesures incitatives appropriées pour permettre, notamment aux jeunes et aux femmes d’y accéder.

En outre, des incubateurs, ou des Maisons de l’Entreprise, seront développés à travers les régions pour accompagner ces mutations. Ces structures d’appui mettront à disposition, des locaux, des équipements et des services, pour soutenir les petites entreprises opérant dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’artisanat, de l’industrie culturelle et des services.

Les mécanismes d’appui au secteur privé seront rationalisés pour plus d’efficacité dans leurs interventions. L’Etat accompagnera également les industries agroalimentaires et manufacturières, en améliorant les dispositifs de promotion et d’application des innovations technologiques. Monsieur le Président, Honorables Députés,

Stimuler la croissance, c’est aussi asseoir une base d’infrastructures et de services de soutien à la production, conforme aux meilleurs standards internationaux.

Dans l’option du Gouvernement, les infrastructures routières, mais également les pistes rurales, doivent constituer une architecture cohérente, orientée vers la dynamisation des pôles économiques de développement.

Aucune zone de production ne doit souffrir d’enclavement. Le désenclavement de la Casamance par mer, par routes et par la voie aérienne est à cet égard érigé en extrême priorité. Je dois aussi souligner qu’un programme de réalisation de 29 ponts métalliques et du nouveau pont Emile Badiane est en cours d’instruction.

Notre programme de modernisation des moyens de transport routiers, maritimes, ferroviaires et aériens donnera un nouveau souffle aux activités économiques, notamment pour la relance du tourisme, des activités d’exportation et la facilitation des transports sur les corridors.

La réalisation des corridors régionaux et sous-régionaux donnera une plus forte impulsion à nos échanges avec la sous-région, et le reste de l’Afrique.

Le chemin de fer devra jouer un rôle plus déterminant dans la circulation des personnes et des biens sur l’axe Dakar-Bamako, et la desserte des zones périurbaines et des villes de l’intérieur.

Grâce à des investissements structurants, le Port de Dakar devra mieux se positionner comme un centre sous-régional d’éclatement et de transbordement, à même de satisfaire les exigences de la compétition maritime internationale. Ce qui permettra à notre pays de tirer davantage profit de sa position stratégique qui lui confère des atouts indéniables en matière de transports maritimes.

De même, la réhabilitation des ports secondaires de l’intérieur va relancer les activités économiques des régions concernées.

Elle permettra des gains de productivité ainsi qu’une moindre sollicitation de notre réseau routier dont le Gouvernement veillera particulièrement à l’entretien et à la sauvegarde. Elle contribuera aussi au renforcement de notre politique de sécurité routière. Sécurité routière à laquelle nous tenons, parce que pour nous, chaque victime

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