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Conseil des ministres du 12 octobre 2000

Le Conseil des Ministres s'est réuni ce jeudi 12 Octobre 2000 au Palais de la République, sous la présidence du Chef de l'État.

Dans sa communication au Conseil, Monsieur le Président de la République s’est fortement ému de l’accident de travail survenu à l’hôpital principal et dont a été victime notre compatriote Amadou Demba SOW. Il a, à ce propos, insisté sur la nécessité pour l’État de procéder aux réparations qui s’imposent, sans attendre une décision de justice, lorsque sa responsabilité est engagée, comme cela est le cas avec notre compatriote qui a été victime d’une chute de ventilateur dans l’exercice de ses fonctions.

Monsieur le Président de la République a ensuite informé le Conseil des Ministres de la démarche initiée par la famille de feu Maître Babacar SEYE, ancien Vice-président du Conseil constitutionnel, demandant des réparations pour le préjudice subi, en considération des conditions dans lesquelles ce grand Sénégalais, en service, a perdu la vie. Il a demandé au Premier Ministre d’examiner le dossier avec diligence.

A propos de la SENELEC, le Chef de l’État a déclaré que la séparation entre cette société et ses anciens partenaires était consommée et que la période de transition devra être brève. Les instructions nécessaires ont été données à cet effet au Ministre de tutelle, le Ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique.

Dans la gestion de cette société, le gouvernement a déjà enregistré des propositions de reprise de qualité présentement à l’étude et répondant aux exigences du développement du secteur de l’énergie. Il a exprimé qu’il souhaite la présence d’actionnaires nationaux à côté de partenaires étrangers.

Le Chef de l’État a de nouveau mis l’accent sur l’urgence que revêt la création de deux à trois sociétés régionales avec le concours de capitaux nationaux en partenariat avec des sociétés étrangères de production d’électricité, de manière à satisfaire totalement la demande, dans ce domaine, des ménages et des entreprises.

S’agissant des transports ferroviaires, le Chef de l’État a donné des informations sur le grand projet sénégalo-malien d’un chemin de fer moderne. A cet égard, il s’est félicité des résultats de la rencontre que la mission politique de notre pays a eue avec le Président Alpha Omar KONARE. Un accord total a été constaté entre les deux gouvernements, sur tous les aspects de ce projet d’importance, non seulement pour les deux pays, mais aussi pour toute la sous-région.

Le Chef de l’État a informé le Conseil des contacts qu’il a noués avec des bailleurs, autour d’un projet d’un port du futur pour les bateaux de la 3e génération qui, en rapport avec le nouveau chemin de fer et la Cité des Affaires sera construite sur le site de l’actuel aéroport et donnera à notre pays une place de choix dans l’économie mondiale.

Abordant le problème des transports à Dakar et sa banlieue, le Chef de l’État a informé le Conseil de l’arrivée prochaine de 100 bus achetés à un coût 10 fois inférieur aux facturations des anciennes directions de la SOTRAC en attendant l’atelier de montage de bus à Dakar au cours de l’année prochaine.

Concluant sur tous les projets dont il a fait le tour d’horizon, le Président de la République a souligné que le fait nouveau c’est bien la grande confiance que les investisseurs ont désormais à l’égard du Sénégal. Le Sénégal est ainsi en mesure d’inaugurer un nouveau type de financement original et révolutionnaire privé qui prendra progressivement la place de l’aide publique internationale.

A propos de la SENTEL, le Chef de l’État a déclaré que la licence d’exploitation GSM lui a été définitivement retirée pour non respect des clauses du contrat et après une procédure régulière de mise en demeure non suivie d’effet. Ainsi, la deuxième licence retirée à la SENTEL fera l’objet d’un appel d’offres international, dans la transparence et dans le respect de la défense des intérêts du Sénégal.

Pour ce qui concerne les phosphates de Matam, dont la qualité est reconnue, le Président de la République a donné des instructions pour que soient explorées les possibilités d’exploitation, à l’issue d’études de faisabilité. A cet égard, il a indiqué que des partenaires potentiels ont déjà pris contact avec l’État du Sénégal.

Abordant les questions liées au développement social, et en particulier à la nécessité de fournir aux élèves un bon repas de midi, dans le cadre d’un système de demi-pension, le Chef de l’État a souligné l’importance que les pouvoirs publics doivent attacher à la mise en place du projet " YAKALMA ".

Dans ce cadre, les élèves et les étudiants habitants les banlieues éloignées de Dakar pourront disposer de repas en plats nationaux de bonne qualité. Le système pourra être étendu, dans une seconde phase, aux fonctionnaires, aux forces de sécurité et aux travailleurs des entreprises astreints à la journée continue.

Abordant la question de l’alphabétisation, le Président de la République a demandé au Ministre délégué chargé de l’Éducation de Base et de l’Alphabétisation de prendre des mesures urgentes pour faire dispenser des cours d’alphabétisation aux Ministres et aux Députés et Sénateurs. Le Chef de l’État estime, en effet, qu’il y va de la crédibilité même du grand projet d’alphabétisation de deux millions de sénégalais en l’an 2001 et de l’efficacité des actions des Ministres et des hauts fonctionnaires dans leurs rapports avec les citoyens.

Dans le même ordre d’idées, il a demandé au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi d’organiser des cours d’informatique et de familiarisation à l’Internet au profit de tous les Ministres sans exception.

Le Chef de l’État a ensuite souligné l’urgence qui s’attache à la construction de la route Bignona-Diouloulou dans les meilleurs délais. De même, le Chef de l’Etat a souligné la nécessité de réaliser les routes Kédougou-Fongolimbi et Kédougou-Salémata. A cet égard, il a demandé que les dossiers techniques soient rapidement prêts pour achever le désenclavement de cette région et soulager les souffrances des femmes.

Abordant les problèmes de la pêche, le Chef de l’État a réaffirmé son souci de protéger nos ressources halieutiques en soulignant que, dans ce cadre, il importe de rompre totalement avec les pratiques du passé.

A cet égard, la politique du Président de la République en la matière consiste à doter le Sénégal de moyens permettant d’arraisonner les navires qui se livrent à des prises frauduleuses dans nos eaux territoriales.

Le Chef de l’État s’est ensuite félicité de la sélection d’une société crédible chargée de l’enlèvement des ordures à Dakar, tout en réaffirmant sa conviction que cette voie est celle de la solution définitive du problème qui avait gravement compromis la réputation et l’image du site exceptionnel de notre capitale.

Le Président de la République a assuré qu’il tient à restituer, à la ville de Dakar, le lustre qui lui revient aux plans architectural, culturel, touristique conforme à sa vocation et à son rôle parmi les grandes villes de l’Afrique de l’Ouest.

A cet effet, les instructions ont été données au Ministre de l’Environnement pour qu’il soit procédé à l’enlèvement, dans les meilleurs délais, de toutes les carcasses de véhicules qui encombrent les rues de Dakar.

Le Président de la République a, par ailleurs, fait d’importants développement sur la politique intérieure, et notamment sur les réformes institutionnelles dans l’esprit d’un dialogue national.

Le Chef de l’État a rappelé que l’avant-projet de constitution se trouvait entre les mains du Ministre de la Justice et que le texte du projet sera transmis au Premier Ministre avant son examen en Conseil des Ministres. Il a souhaité que, compte tenu des grandes convergences qu’il a notées, à cet égard, le projet soit celui du gouvernement entier, cela pour donner au Sénégal une loi fondamentale qui lui permettra de travailler dans la stabilité.

Pour ce qui concerne la rentrée scolaire, le Président de la République s’est félicité des mesures qui ont été prises pour assurer une rentrée globalement satisfaisante de nos enfants dans les établissements scolaires. Il a remercié toutes les bonnes volontés, sénégalaises ou étrangères, qui ont apporté leur contribution, sous telle ou telle forme, au succès de la rentrée. Dans ce cadre, le Premier Ministre a souligné l’importance qui s’attache à la réhabilitation rapide et effective des écoles élémentaires et des établissements d’enseignement secondaire. Le Ministre de l’Éducation nationale et le Ministre de l’Équipement et des Transports ont reçu des directives opportunes à ce sujet.

Revenant sur le dialogue national, le Président de la République a insisté sur les raisons liées à l’initiative qu’il a pris concernant une rencontre avec le Premier Secrétaire du Parti socialiste, Monsieur Ousmane Tanor DIENG, suite à l’audience qu’il a accordée au Président de l’Assemblée nationale. A ce sujet, le Chef de l’État a indiqué que cette rencontre se situe dans un cadre républicain, en dehors de toute idée d’alliance, fidèle en cela à une option qui a toujours été la sienne tout au long de sa carrière politique, car il considère que l’opposition, dans une démocratie, doit participer à la vie politique nationale dans la plénitude de ses droits et de ses devoirs. Tout ceci explique sa volonté de mettre en place le statut de l’opposition qu’il a préconisé depuis 1981.

A propos de la Casamance, le Président de la République a lu l’importante correspondance que l’Abbé Diamacoune Senghor lui a adressée en même temps qu’au Président Yaya JAMMEH, correspondance dans laquelle l’Abbé Diamacoune demande instamment aux deux chefs d’État de prendre des mesures pour rapatrier les réfugiés vivant en Gambie, vers leurs villages d’origine. Il a donné des instructions au Ministre de l’Intérieur pour qu’il se rende auprès du Président Yaya JAMMEH, qui a souscrit à cette demande, pour qu’ensemble ils créent les conditions d’un rapatriement rapide des réfugiés. Dans cette perspective, le Ministre de l’Intérieur devra mettre à profit les grandes possibilités qui nous sont offertes sur le plan international pour assurer aux réfugiés une aide alimentaire, des dotations en couvertures et de bonnes conditions de réinsertion sociale.

Le Président de la République a, à ce sujet, lancé un appel aux populations des zones d’accueil pour qu’elles entourent les réfugiés d’une sollicitude fraternelle, oublient toutes les blessures du passé en se tournant vers l’avenir, vers un destin de paix et de développement solidaire. Il a souligné que ces rapatriements constituent bien l’expression du signe du tournant qui s’annonce vers la fin de cette tragédie nationale.

A propos des conférences internationales organisées au Sénégal, il a précisé que nous avons des options politiques et institutionnelles et qu’aucune conférence ou séminaire impliquant des organisations ou des pays étrangers ne sera, à l’avenir, admise sans information préalable du Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Éxtérieur et sans l’autorisation du Ministre de l’Intérieur.

En matière de politique extérieure, le Président de la République a réaffirmé ses inquiétudes fraternelles sur la situation en Côte-d’Ivoire. Il a confirmé que le souhait de tout le peuple sénégalais est que ce pays frère, qui joue un rôle de premier plan dans l’UEMOA et dans toute la sous-région, surmonte la grave crise qui la secoue, sans violence, pour réoccuper sa fonction de locomotive du développement dans la sous-région.

Le Chef de l’État a renouvelé sa préoccupation sur les conditions extrêmement pénibles de nos compatriotes qui vivent en Libye. Il a donné des instructions à notre ambassadeur, dans ce pays, pour qu’en accord avec nos compatriotes, leur protection ou leur rapatriement éventuel soient assurés dans les meilleures conditions.

Sur les événements en cours à Jérusalem Est, à Gaza et au Sud Liban, le Président de la République a exprimé les inquiétudes du peuple sénégalais. Il a rappelé, que le Sénégal a des rapports confiants aussi bien avec le peuple palestinien qu’avec l’État d’Israël, mais que notre pays ne saurait, sous aucun rapport, accepter les violences et les massacres dont est victime le peuple frère de Palestine. Il a souligné que les violences en cours sont inacceptables au regard des droits des peuples à la liberté et à la sécurité et de la nécessité, devenue universelle, de respecter les droits de l’homme et les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

C’est pourquoi le Président de la République demande qu’un terme soit mis, dans les meilleurs délais, aux violences qui portent un grave préjudice au processus de paix dans cette région.

Dans sa communication au Conseil, le Premier Ministre a évoqué successivement les volets prioritaires de l’action de l’État dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’alphabétisation, de la recherche et de la culture, les difficultés de transport public Dakar-banlieue/Dakar-centre dans la période des activités scolaires et universitaires et en particulier pour les élèves, la préparation du budget national pour l’année 2001 et la marche mondiale des femmes prévue à New-York le 17 octobre 2000.

Le Ministre de la Famille et de la Solidarité nationale a fait une importante communication sur la marche mondiale des femmes. Elle a donné de larges informations sur la participation des femmes sénégalaises à cet événement.

Le Chef de l’État a donné des instructions pour une participation de qualité des femmes du Sénégal et de leurs organisations à la marche mondiale.

Le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’éxtérieur a rendu compte au Conseil, de la Conférence Ministérielle d’Abuja sur les conflits dans la sous-région. Le Ministre a souligné la grave préoccupation exprimée par les participants à la conférence qui ont tous plaidé pour des mesures aptes à prévenir l’embrasement. A cet égard, des initiatives ont été prises pour envoyer des observateurs et des troupes d’interposition entre la Guinée et le Libéria tout en privilégiant le rétablissement des rapports de fraternité et de confiance entre les deux pays.

Le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a exprimé au Conseil son grand espoir d’une bonne récolte dans la plupart des régions du pays. Pour empêcher la commercialisation parallèle des produits agricoles qui pénalise et les producteurs et l’État, le Ministre a insisté sur la nécessité d’une ouverture rapide de la campagne de commercialisation et en particulier de l’arachide.

Le Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat a donné des informations sur le démarrage des travaux d’élargissement de l’ artère de la Corniche conformément aux directives du Chef de l’État. Ces travaux concernent, dans un premier temps, le tronçon qui s’étend de l’intersection de l’avenue Peytavin et du Boulevard de la République au cimetière de Soumbédioune.

Le Ministre de l’Économie et des Finances a rendu compte au Conseil des travaux du Conseil interministériel de la zone franc ainsi que des préparatifs de la session budgétaire.

Le Conseil a ensuite adopté :

  • le projet de décret fixant les conditions de nomination et les avantages accordés aux secrétaires communautaires ;
  • le projet de décret relatif à l’importation des véhicules, cycles et cyclomoteurs usagés.

Le Conseil a enfin pris les mesures individuelles suivantes :

  • Monsieur Abdoulaye FALL, Commissaire aux enquêtes économiques, précédemment Conseiller Technique au ministère du Commerce, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières du ministère du Commerce.
  • Monsieur Ibrahima DIOP, Docteur ès Lettres, précédemment Maître de Conférence à l’École Normale Supérieure de Dakar, est nommé Directeur de la Coopération décentralisée au Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation.
  • Monsieur Libasse DIOP, Professeur titulaire de Chimie, précédemment Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est nommé Directeur de l’Enseignement supérieur en remplacement du Professeur Ousseynou DIA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
  • Monsieur Babou DIAHAM, Maître Assistant de physiologie animale, précédemment Maître Assistant à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar est nommé Directeur de l’Office du Baccalauréat en remplacement de Monsieur Mamadou FAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

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