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Conférence internationale sur l’agriculture en Afrique de l’ouest : « Bilan ECOWAP +10 et Perspectives pour 2025 »

Discours de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE

Monsieur le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah DIONNE, a présidé LE MARDI 17 NOVEMBRE 2015 À 11 HEURES, au Grand Théâtre, la Conférence Internationale sur l’Agriculture en Afrique de l’Ouest.

Ci-dessous, l’intégralité du discours prononcé à cette occasion.

Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement Rural,
Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement, _ Mesdames, Messieurs les Représentants des Institutions régionales, continentales et internationales,
Honorables députés et membres du Conseil Economique Social et Environnemental,
Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants du Corps diplomatique,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations professionnelles agricoles, du secteur privé, de la société civile et du Réseau Genre de l’ECOWAP,
Honorables Invités,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord souhaiter la bienvenue au Sénégal à nos illustres hôtes, qui ont fait le déplacement à Dakar pour participer à cette importante rencontre internationale organisée par la CEDEAO.

Dakar est honoré de vous accueillir et vous êtes ici chez vous, au Sénégal, pays de la Téranga.

J’ai, ce matin, l’agréable plaisir de présider, au nom de Monsieur le Président de la République, son Excellence Monsieur Macky SALL, la cérémonie officielle d’ouverture de cette Conférence Internationale sur l’Agriculture en Afrique de l’Ouest.

Mon bonheur est d’autant plus grand que, par un hasard de calendrier dont seule l’histoire a le secret, cet événement se tient quelques semaines seulement après l’organisation, à Dakar, du 21 au 23 octobre 2015, par la Banque Africaine de Développement (BAD), d’une conférence internationale de haut niveau sur le thème "Nourrir l’Afrique : un Plan d’Actions pour la transformation de l’agriculture africaine" .

Les nombreuses concertations sur l’agriculture qui se tiennent partout en Afrique prouvent, à suffisance, l’intérêt et l’attention que les pouvoirs publics, les populations de nos pays et nos partenaires au développement accordent à ce secteur, stratégique pour nos économies.

A cet égard, je voudrais profiter de cette occasion pour féliciter le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour son heureuse initiative d’organiser cette conférence sur l’Agriculture dans notre sous-région, pour évaluer et rendre plus efficace notre politique agricole commune (ECOWAP), dix ans après sa mise en place

Mesdames, Messieurs,

Chers Invités,

Notre pays, le Sénégal, s’honore naturellement d’avoir été choisi pour accueillir cette rencontre qui, à nos yeux, revêt une grande importance. Ce choix est sans doute justifié par la haute priorité que Son Excellence Monsieur Macky SALL, a donné à l’agriculture dans le Plan Sénégal Emergent, notre référentiel de politique économique et sociale.

Mesdames, Messieurs,

Distingués Invités,

En fixant des objectifs d’affecter à l’agriculture 10% du budget par an de chaque Etat et une croissance de 6% pour le secteur, les Chefs d’Etats de la CEDEAO ont assigné à l’agriculture, au sens large, le rôle important de moteur de la croissance économique de la sous-région. Notre agriculture en a bien le potentiel, au regard de nos importantes richesses agro écologiques, de nos ressources pédologiques, hydrologiques et hydrographiques.

Depuis 2005 à Accra au Ghana et 2010 à Malabo en Guinée Equatoriale, plusieurs plans d’actions ont été adoptés, de nombreuses initiatives ont été prises dans le cadre de la politique agricole commune, l’ECOWAP. Je voudrais citer notamment :

  • les premiers plans d’actions sur l’augmentation de la productivité et de la compétitivité ;
  • l’"Offensive régionale pour la production alimentaire et la lutte contre la faim", en réponse à la crise alimentaire de 2008 ;
  • la création du Groupe des bailleurs de l’ECOWAP,
  • le Programme national d’Investissement agricole (PNIA) pour chaque pays et le Programme régional d’Investissement agricole au niveau régional (PRIA) ;
  • des initiatives de convergence dans différents domaines de coopération régionale : Offensive riz, Alliances semences, changements climatiques…

Je me félicite que la Conférence se penche en premier lieu sur l’évaluation de tous ces plans d’actions et initiatives pour mesurer les progrès réalisés, identifier les causes des résultats mitigés, , pour enfin réajuster les nouveaux objectifs et stratégies dans la perspective 2025.

Le Programme de Productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAO) qui est mis en œuvre depuis sept ans dans treize pays, avec le financement de la Banque mondiale a donné des résultats qu’il est intéressant de mettre à l’échelle dans une deuxième phase. C’est l’objet de votre deuxième forum.

Je saisis cette opportunité pour remercier la Banque mondiale, au nom de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président en exercice de la CEDEAO et au nom de tous ses pairs. J’associe à ces remerciements le Japon et l’Espagne qui ont fourni des financements complémentaires de ce programme.

Nous attendons aussi des propositions de financements innovants dans le cadre de votre troisième forum consacré à l’ "Offensive régionale pour la relance durable et soutenue de la riziculture Ouest africaine". En effet, la réalisation de l’objectif de production de 25 millions de tonnes de riz blanc en 2025 permettra d’améliorer significativement la balance commerciale de la sous-région et de générer des revenus importants pour les producteurs et le secteur privé.

Mesdames, Messieurs, chers invités,

Nous devons construire une agriculture productive, compétitive et durable, qui nourrit les populations et qui procure des revenus suffisants aux producteurs, surtout aux jeunes pour qu’ils ne soient plus attirés par le mirage de l’émigration clandestine. L’agriculture peut et doit jouer un rôle important pour arrêter ce drame humain qui nous prive d’une bonne partie de nos ressources humaines les plus entreprenantes.

Pour cela, il nous faut continuer à transformer profondément notre agriculture. Nous ne devrons plus la considérer comme une activité de survie ou une activité par défaut mais comme un secteur économique à part entière où il est possible d’investir et de rentabiliser son investissement.

Cette agriculture a besoin de capitaux, d’innovations technologiques, d’infrastructures de stockage, d’unités de transformation et de marchés organisés. Il nous faut aussi investir dans les infrastructures de base en milieu rural : eau, électricité, santé, routes, etc. pour réduire, voire résorber le gap et éliminer les disparités entre milieux urbains et ruraux en termes d’accès aux services essentiels. C’est une des conditions pour retenir les jeunes, freiner l’exode rural et booster la production agricole.

C’est à l’avènement d’une telle agriculture que nous devons travailler pour réaliser notre ambition de faire de la CEDEAO un espace de production abondante, de qualité de biens et services agricoles.

Ce pari est à notre portée et nous pouvons le gagner si, d’abord, nous y croyons et si nous nous y attelons.

Au Sénégal, nos ambitions, en matière d’Agriculture sont bien déclinées dans le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS) qui constitue le volet agricole du PSE.

Elles consistent à développer une agriculture qui repose essentiellement sur deux piliers : les exploitations familiales et l’agro-business.

Dans ce cadre, nous continuons de soutenir les exploitations familiales qui constituent la base de notre agriculture et qui occupent l’écrasante majorité des producteurs.

Notre politique vise à accélérer leur modernisation pour améliorer leur productivité et augmenter les revenus des ménages.

Parallèlement, des opportunités d’investissements sont offertes pour permettre aux promoteurs des grands projets agricoles de déployer leurs activités dans un cadre adapté qui organise la coopération « gagnant-gagnant » entre exploitations familiales et agrobusiness.

C’est avec ce modèle d’une agriculture intégrative que nous réaliserons la sécurité alimentaire et nutritionnelle durable pour nos populations avec :

  • une offre stable de produits en quantité suffisante pour couvrir nos besoins de manière saine, diversifiée et durable ;
  • une offre qui permet aux producteurs d’avoir des revenus substantiels ;
  • une offre compatible avec le pouvoir d’achat des consommateurs ;
  • enfin je n’oublie pas la mise en place de projets résilients, une bonne gouvernance et un bon système d’information performant.

C’est cette agriculture, à notre sens, que nous devons construire dans le cadre de la mise en œuvre de l’ECOWAP avec des financements innovants. Nous devons être imaginatifs pour mettre en place des mécanismes appropriés en vue de trouver les ressources financières nécessaires à la conduite efficace de la politique agricole commune de la CEDEAO.

Je voudrais avant de conclure rappeler que nous restons attentifs aux résultats de vos travaux que les Etats examineront avec la plus grande attention.

D’ores et déjà, permettez de soumettre à votre réflexion la mise en place d’un groupe de travail restreint, pour la formulation de propositions concrètes sur des modes de financements innovants de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

Mesdames, Messieurs,

Chers Invités,

En formulant mes vœux de succès pour vos travaux, je déclare ouverte la Conférence Internationale sur l’Agriculture en Afrique de l’Ouest.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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