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Concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur

Discours d’ouverture par Monsieur Abdoul MBAYE, Premier ministre de la République du Sénégal, le 9 avril 2013.

Monsieur le Premier Ministre Abdoul Mbaye a présidé la clôture des concertations nationales sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.

A la suite de la lecture du rapport général et des recommandations sur les cinq thématiques de la concertation que sont la gouvernance, le financement, l’internationalisation, l’offre et la qualité, recherche et innovation, le Premier Ministre a dans son discours félicité le comité d’avoir réfléchi non seulement pour notre futur immédiat, mais aussi pour l’émergence d’un système d’enseignement supérieur et de recherche capable d’entretenir lui même son constant rafraîchissement, et sa permanente adaptation à notre contexte national, mais aussi à l’environnement mondial.

Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Honorables députés,
Excellences, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers
Messieurs les Directeurs Généraux,
Monsieur le Président du Comité de Pilotage
Messieurs les Recteurs,
Mesdames, messieurs les doyens, directeurs d’UFR et d’instituts,
Madame, Monsieur les membres du Comité de Pilotage de la CNAES
Mesdames, messieurs les membres du personnel d’enseignement et de recherche,
Mesdames, messieurs les membres du personnel administratif, technique et de service,
Chères étudiantes, chers étudiants,
Mesdames, Messieurs les Participants,
Distingués invités en vos noms et qualités,
Mesdames, Messieurs,

Quatre jours durant, vous avez permis par vos discussions, vos échanges, vos contributions, la « Concertation nationale sur l’Avenir de l’Enseignement supérieur au Sénégal (CNAES) ».

Vous avez ainsi donné corps, et dans des délais singulièrement brefs, à l’indispensable première étape de l’un des projets majeurs du mandat présidentiel de son Excellence Monsieur Macky SALL, et dont l’objectif est si bien traduit par votre belle formule « L’enseignement supérieur et la recherche, leviers de l’émergence de notre pays ».

Et c’est pourquoi, au nom du Président Macky SALL, et au nom de la Nation toute entière, je tiens à d’abord vous remercier tous de votre présence durant ces quatre jours. Egalement de l’abnégation dont vous avez fait preuve, laquelle atteste du caractère crucial de cet événement pour notre Nation et sa construction.

Mais il convient de rappeler que la cérémonie de ce jour est aussi l’aboutissement de quatre mois de recherche, d’auditions, de partage entre les membres du Comité de Pilotage, la société et tous les acteurs de l’Enseignement supérieur, qu’achèvent des sessions plénières.

Les membres du Comité de Pilotage, avec à leur tête l’éminent Professeur Souleymane Bachir DIAGNE méritent donc des félicitations toutes particulières pour leur dévouement et les nuits blanches qu’ils ont du passer pour respecter l’échéancier qui leur avait été fixé. J’associe à ces félicitations Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ainsi que ses collaborateurs, car ils ont pu mettre en œuvre cette activité qui, comme je le rappelais, fait partie des priorités dégagées par Monsieur le Président de la République et le gouvernement.

Mesdames, Messieurs,

Il n’est jamais simple de réfléchir un futur collectif. Cela suppose d’abord de s’extraire de pesanteurs d’un présent fait d’intérêts particuliers parfois tenaces, puis d’aller vers un consensus souvent synonyme de renoncement au nom de l’intérêt général.

La brillante présentation, samedi dernier, du pré rapport du Comité de Pilotage par le Professeur Souleymane Bachir DIAGNE, me permet également de dire que si vous étiez à la recherche de solutions à une crise vécue, votre réflexion portait aussi sur l’identification de mécanismes permettant d’éviter que sous peu elle ne renaisse.

Soyez donc loués d’avoir réfléchi non seulement pour notre futur immédiat, mais aussi pour l’émergence d’un système d’enseignement supérieur et de recherche capable d’entretenir lui même son constant rafraîchissement, et sa permanente adaptation à notre contexte national, mais aussi à l’environnement mondial.

C’est ce plus important et remarquable que j’aurais noté comme immense nouveauté dans cette concertation nationale de l’an 2013. Le Sénégal, notre pays, en avait déjà organisé d’autres, mais la crise est revenue. Votre fin diagnostic a su en tirer les leçons.

Vous êtes donc parvenus, au bout de quatre jours d’intenses réflexions, à parachever des propositions et recommandations qui, à coup sûr, vont permettre de faire du sous-secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche un outil de renforcement du savoir, mais également un levier du développement socio-économique de notre pays.

Lorsque vos conclusions auront été mises en œuvre, le sous secteur de l’Enseignement supérieur se sera considérablement amélioré dans notre pays.

Je perçois vos intentions, vos propositions, comme soucieuses d’en faire une référence africaine d’abord, mais sans doute mondiale ensuite. Et une telle ambition n’est point démesurée.

Car qu’il soit bien accepté qu’au delà d’une intelligence partagée par tous les êtres humains, la différence de qualité entre des systèmes de transmission de savoir se crée par l’organisation et la gouvernance, dans la mesure où, en ce vingt et unième siècle, pratiquement toute la science humaine et de l’humanité est devenue instantanément accessible à partir d’un écran d’ordinateur et d’une liaison internet.

Mesdames, Messieurs,

J’ai déjà évoqué que ce n’est pas la première fois que des concertations autour de l’Enseignement supérieur se tiennent, mais je puis affirmer, sans risque de me tromper, que c’est la première fois qu’elles ont été aussi inclusives puisque Monsieur le Président de la République a d’abord retenu que l’Enseignement supérieur est l’affaire de la communauté nationale dans son entièreté.

D’où l’invite qu’il a lancé à toutes les couches de la population à accompagner l’Etat dans la nouvelle orientation qui est donnée au sous-secteur et qui se traduira par l’amélioration de l’environnement de travail, l’efficacité des institutions et surtout l’efficience dans la gestion qui ira de pair avec une politique de reddition des comptes.

Je puis donc vous assurer que le Gouvernement accordera une priorité absolue à l’amélioration de la situation qui prévaut au niveau des universités.

Je sais que pour y arriver, beaucoup de contraintes, qui ont pour noms insuffisance du financement du sous-secteur, manque d’infrastructures tant pédagogiques que sociales, insuffisance du personnel d’enseignement et de recherche, déficit d’équipements doivent être levées.

C’est donc l’occasion pour moi de marquer toute la volonté de l’Etat à apporter le soutien qu’il faut pour trouver des solutions à cette difficile situation.

Parmi les mesures qui seront prises par le Gouvernement figurent en bonne place le rééquilibrage des budgets des universités, l’augmentation de leurs capacités d’accueil, le recrutement de personnels supplémentaires, tant d’enseignement et de recherche qu’administratifs, techniques et de service. Et vous y avez ajouté la nécessité de rendre le système viable et pérenne par des engagements réciproques de l’Etat bailleur et des établissements concernés.

Ainsi, grâce à vos travaux, des mesures spéciales et adéquates seront prises par l’Etat pour faire face aux préoccupations de toutes les composantes des universités, à chaque fois dans le respect de ses possibilités, en dehors de toute démagogie, avec comme repère principal et constant celui d’engager l’immédiat comme le futur sur la seule base de la vérité et du langage de vérité.

Et je voudrais à cet égard saisir une opportunité de mettre en relation étroite qualité et moyens.

Mesdames, Messieurs,

Nous ne répéterons jamais assez que notre émergence économique dépendra d’abord de la qualité de notre système d’enseignement supérieur associé à une recherche à la fois fondamentale et appliquée. L’histoire économique ne recèle pas d’exemples de pays sans considérables ressources naturelles qui soient parvenus à se hisser au statut de pays émergent en se passant d’un système de formation de qualité. Le Sénégal est donc condamné à emprunter une voie identique. C’est une démonstration a contrario de la contribution de l’enseignement supérieur de qualité à la formation du PIB et à l’accélération de la croissance.

Mais si le Sénégal, déjà parfois exemple au niveau de l’Afrique de l’Ouest, parvient à construire un enseignement supérieur de qualité, ce sous secteur des services portera alors sa propre croissance. Il bâtira sa réputation, accueillera – permettez l’expression – « de la clientèle étrangère », se vendra bien au delà de nos frontières, et pourrait devenir un pôle de notre croissance économique en lui même. Au delà de l’Afrique, il pourrait se donner une prétention mondiale, au moins dans des disciplines et spécialités particulières.

Accueillant les étudiants du monde entier, ses enseignants, au delà de quelques pionniers remarquables aujourd’hui, seront alors recherchés par d’autres universités de la planète pour délivrer des cours magistraux, y compris par le virtuel.

Soyons donc ambitieux, et gagnons ensemble le pari de l’amélioration de la qualité au niveau des universités et des institutions d’enseignement supérieur tant publiques que privées. D’ailleurs, quelques unes des facultés d’universités, quelques unes des institutions privées montrent déjà la voie. En quelques années certaines parmi ces dernières ont bâti une réputation reconnue en Afrique et même en Europe.

Cela ne signifie certainement pas que la solution est dans la « privatisation du public », formule retrouvée dans la presse d’hier. Cela signifie que le modèle est parfois près de nous et donc accessible, et qu’il faut tout simplement s’interroger sur les facteurs de sa réussite, et questionner leur adaptation relative à l’enseignement supérieur public.

A titre d’exemple, on ne peut interdire d’essayer de comprendre pourquoi les quanta horaires, condition minimale de qualité, sont respectés dans le privé, et pourquoi ils le sont avec autant de difficultés dans le public. D’essayer de comprendre le paradoxe par lequel la gratuité de l’acquisition du savoir est associée au nombre de jours de grève le plus élevé. Et peut être qu’il deviendra alors plus aisé de trouver un consensus sur le montant des droits d’inscription…

Cette réflexion pour aller vers un projet de qualité universelle était nécessaire et ouvre également la voie aux moyens complémentaires indispensables à ceux qui seront mis à disposition par l’Etat. Elle a été la vôtre. Merci pour cela.

Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur,
Mesdames, Messieurs les enseignants-chercheurs,
Chères étudiantes, chers étudiants,

Son Excellence Monsieur le Président de la République convoquera très bientôt un Conseil présidentiel autour des recommandations issues de vos travaux.

Ce sera alors le coup d’envoi pour un nouveau départ de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vers un meilleur devenir de notre pays. L’opportunité est historique. Ne la ratons surtout pas.

Dans cette attente, je ne saurais terminer mon propos sans remercier les différents partenaires de l’Ecole en général et de l’Université en particulier : parents d’élèves, acteurs de la Société civile ainsi que le patronat et les partenaires au développement.

Mesdames, Messieurs, la Nation vous est reconnaissante.

C’est sur l’expression de cette profonde conviction que je déclare closes les sessions plénières de la concertation nationale sur l’Avenir de l’Enseignement supérieur au Sénégal et, que se poursuive et vive la Concertation.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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