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Commission sous-régionale des Pêches -14ème Session Extraordinaire de la Conférence des Ministres - Allocution d’ouverture de Monsieur Abdoul Mbaye, Premier Ministre de la République du Sénégal

Dakar, le 27 mars 2013

Monsieur le Ministre de la Pêche et de l’Aquaculture de la République sœur de Guinée, Président en Exercice de la Conférence des Ministres des Etats membres de la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP),
Messieurs les Ministres en charge des pêches des Etats membres de la CSRP,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques,
Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers,
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux et Directeurs Nationaux,
Monsieur le Secrétaire Permanent de la CSRP,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

C’est avec grand plaisir que je préside aujourd’hui, la cérémonie d’ouverture de la 14ème session extraordinaire de la Conférence des Ministres de la Commission Sous-Régionale des Pêches (CSRP).

Vous me permettrez tout d’abord, de souhaiter la bienvenue au Sénégal, à nos chers frères ; je veux nommer les Ministres des Etats membres de la CSRP en charge de la pêche du Cap Vert, de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée Bissau, de la Mauritanie et de la Sierra Léone.

Ces mots de bienvenue s’adressent également aux partenaires techniques et financiers qui ont bien voulu prendre part à cette importante session.

Messieurs les Ministres,

Nous nous souviendrons que c’est en mars 1985 que la CSRP a été portée sur les fonts baptismaux par nos Etats, dans un élan de solidarité et de volonté commune de conjuguer leurs efforts, de mutualiser leurs moyens et de coordonner leurs actions.

La vision des Etats membres correspond à la promotion des politiques concertées des pêches pour une gestion durable de nos ressources halieutiques prenant en compte le bien être de nos populations respectives.

Pour atteindre ces objectifs, le Plan Stratégique 2011-2015 adopté par la 18ème session ordinaire de la Conférence des Ministres tenue en décembre 2010 à Banjul, République de Gambie, constitue un outil essentiel et un élément central du dispositif nécessaire pour une bonne conduite des missions de la CSRP.

Aujourd’hui, nous pouvons dire que notre organisation est sur la bonne voie pour « être une Institution de référence et d’innovation »

Tout en vous félicitant pour la qualité de ce document stratégique qui nous sert de feuille de route, je voudrais également saisir ce moment pour remercier vivement nos Partenaires techniques et financiers qui n’ont cessé d’apporter leur appui à travers des projets et programmes d’intérêt commun.

Honorables Invités,
Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, le secteur de la pêche dans l’espace des Etats membres de la CSRP contribue pour une grande part à leur développement économique et social.

Qu’il me suffise à cet effet d’indiquer la valeur annuelle estimée des captures de 1, 5 milliards de dollars US, la contribution significative de ce secteur d’activité à l’équilibre de la balance des paiements, sa possibilité réelle de créer des dizaines de milliers d’emplois, sans omettre sa participation remarquable à la sécurité alimentaire des populations de nos pays.

Au cours de ces dernières années, le nombre d’emplois, directs et indirects portés par ce secteur stratégique, est estimé à plus d’un million, le parc piroguier évalué à plus de 36.000 embarcations artisanales et la flottille de navires industriels à plus de 1200 unités dont 750 bateaux étrangers opérant dans le cadre d’accords de pêche.

Malheureusement, les ressources halieutiques de la sous-région, pour les principales espèces, continuent de faire l’objet d’une surexploitation tant par les flottilles nationales que par les navires étrangers, avec ou sans autorisation.

Une des conséquences immédiates de cette situation est la baisse de la production et, consécutivement, la baisse tendancielle des apports du secteur à la croissance économique et aux recettes d’exportation, ainsi que la grosse perte de biodiversité aquatique subséquente.

Messieurs les Ministres,

En parcourant l’agenda de votre 14ème session extraordinaire, j’ai noté que vous aurez à aborder d’importantes questions portant notamment sur les mécanismes de gestion durable des espèces pélagiques, et la problématique de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (dénommée pêche I.N.N.).

Sur ces questions, le Sénégal entend être à l’avant-garde.

En effet, le gel des licences de pêche industrielle démersale côtière est déjà effectif dans notre pays depuis 2006.

L’application de cette mesure explique le maintien de la suspension de la délivrance de nouvelles licences de pêche démersale aux armateurs nationaux, et la suspension des Accords avec l’Union européenne de 2006 à 2013.

Le gel de l’octroi de licence de pêche à des armateurs étrangers a été entamé avec la suspension des autorisations de pêche des espèces pélagiques par les navires étrangers depuis mai 2012.

Cette décision sera maintenue et poursuivie en 2013, conformément aux directives du Chef de l’Etat, Son Excellence le Président Macky SALL, qui s’inscrivent dans le cadre d’une meilleure protection de nos ressources halieutiques menacées par des navires qui pratiquent des opérations de pêche I.N.N., et dont la capacité destructrice des écosystèmes aquatiques est sans pareille.

L’élaboration d’un plan de lutte contre ce type de pêche est un processus qui a été entamé en 2011. Les résultats en ont été disponibles en novembre 2012.

Par ailleurs, la généralisation du repos biologique à toutes les pêcheries artisanale et industrielle, a été déjà réalisée en octobre et novembre 2012. Dans le cadre de son extension à tous nos espaces maritimes, une évaluation des expériences de fermeture temporaire de la pêche est en cours pour la pérennisation des acquis et la correction des manquements.

Messieurs les Ministres,

L’application de ces mesures de gestion durable des espèces halieutiques et de lutte contre la pêche I.N.N., requiert d’importants moyens logistiques, techniques et humains qu’un pays pris isolément ne peut réunir.

Nous nous devons par conséquent de réfléchir à l’option obligatoire de la mutualisation des moyens et des efforts. Nous devons aussi nous inspirer des meilleures pratiques mondiales mises en œuvre pour le même dessein. Et je pense en particulier au recours aux moyens satellitaires, à l’informatique et aux télécommunications, avant celui coûteux aux patrouilles permanentes, pour assurer la surveillance de nos côtes et l’application des réglementations que nous adoptons.

Tout près de nous, le Maroc est une belle référence. Et nos partenaires pourraient nous aider à reproduire son expérience sur nos propres zones de pêche.

De même, les résultats attendus de l’exploitation durable des ressources halieutiques de la zone économique exclusive (ZEE) d’un Etat membre de la CSRP, ne peuvent atteindre les objectifs poursuivis, sans l’harmonisation des politiques sous régionales, ni la collaboration des partenaires techniques et financiers.

C’est pourquoi je voudrais recommander que les travaux de la présente session extraordinaire puissent conduire à des propositions relatives à l’harmonisation des périodes des Accords de pêche, ou à leur suspension, à la synchronisation de la durée des suspensions des autorisations de pêche délivrées aux navires pélagiques étrangers, et à la concertation sur les repos biologiques pour tenir compte de la migration et des cycles de reproduction des espèces ciblées.

D’ores et déjà, je me félicite de la collaboration si riche et si fructueuse qui existe entre les Etats membres de la CSRP en matière de suivi, contrôle et surveillance des pêches, à travers notamment les échanges d’informations et l’organisation des patrouilles maritimes conjointes et combinées, en vue de prévenir, de contrecarrer et d’éradiquer les activités de pêche I.N.N. dans la sous région.

Je me félicite également des appuis importants en renforcement de capacités matérielles et humaines des agents, que la CSRP a fait bénéficier à nos Etats à travers divers projets.

Aussi, est ce pour moi le lieu de formuler, au nom des Gouvernements des pays membres, de vifs remerciements à l’endroit des Partenaires Techniques Financiers, notamment l’Union Européenne, la Banque Mondiale, les Coopérations française, allemande, luxembourgeoise, la FAO, pour leurs soutiens combien nécessaires à l’atteinte des objectifs de gestion durable des pêches.

Je reste persuadé qu’ils seront toujours à nos côtés pour une meilleure gouvernance des pêches dans la sous-région.

C’est sur cette note d’espoir que je déclare ouverte la 14ème Session extraordinaire de la Conférence des Ministres de la Commission Sous-Régionale des Pêches.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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