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Cérémonie officielle de lancement de la quinzaine de la Francophonie 2013 - Allocution de Monsieur Abdoul MBAYE, Premier Ministre

Dakar, Place du Souvenir, mardi 19 mars 2013

Monsieur le Ministre de la Culture, Coordonnateur du Comité national d’Organisation du 15ème Sommet de la Francophonie,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président du Groupe des Amis de la Francophonie

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs membres du Groupe des Amis de la Francophonie,

Monsieur le Délégué général pour l’organisation du 15ème Sommet de la Francophonie

Monsieur le Président du Comité scientifique du 15ème Sommet Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de Services,

Mesdames et Messieurs les présidents d’associations francophones,

Honorables invités,

Chers étudiants,

Chers élèves,

Mesdames et Messieurs,

C’est d’un agréable devoir dont je m’acquitte, en venant présider la Cérémonie officielle de lancement de l’édition 2013 de la Quinzaine de la Francophonie.

Instituée au Sénégal, pour fêter avec éclat la Journée internationale de la Francophonie, cette manifestation constitue un moment de partage, d’action et de solidarité, avec deux symboles très forts qui, à mes yeux, méritent d’être soulignés.

Le premier est celui d’une mobilisation, celle de tous les acteurs de la Francophonie, en l’occurrence les Autorités nationales, nos partenaires institutionnels ainsi que les associations francophones, pour renforcer la connaissance mutuelle, et faire de la célébration de la Journée internationale de la Francophonie un moment particulier de large communion et d’échanges sur des sujets de grande importance.

Et c’est dans cette perspective que vous êtes passés progressivement de la célébration de la seule Journée internationale de la Francophonie du 20 mars, à une Quinzaine de la Francophonie qu’il vous a plu d’étaler sur un mois, afin de dérouler un ensemble d’activités festives, culturelles, scientifiques, sportives, éducatives, gastronomiques, sous le sceau de la diversité, de la solidarité et du partage des savoirs.

C’est dire tout l’engouement suscité par ces rencontres que vous pérennisez avec constance. Le deuxième symbole qu’il me plait de magnifier, est celui de groupe d’amis, qui contribue à donner à la Quinzaine de la Francophonie, une dimension de célébration d’une diversité positivement vécue. En effet, le Groupe des Amis de la Francophonie récrée ici, au Sénégal, un modèle vivant de la diversité de la Francophonie, en mettant en exergue toutes les valeurs sur lesquelles se fonde notre communauté au delà de la langue et de la culture. Je veux parler notamment de la solidarité, de la recherche de la paix, du respect de l’autre, et de la défense des droits de la Personne.

Notons qu’il est peu coutumier que des autorités nationales s’associent à des représentants du Corps diplomatique, pour constituer, dans un pays, une structure dont la mission première est de promouvoir des valeurs de solidarité et de partage.

Au nom du Chef de l’Etat, je me félicite de cette attitude singulière au sein de la communauté internationale. Et je voudrais rendre hommage à tous les acteurs impliqués dans la préparation et la mise en œuvre de cette Quinzaine : les Autorités nationales compétentes, le Groupe des Amis de la Francophonie et tous les partenaires, associations francophones, militants fidèles de la Francophonie, jeunes et femmes, bref, tous ceux qui portent en partage le projet francophone et ses valeurs.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Face à une mondialisation parfois portée à l’uniformisation des pensées et des cultures, la Francophonie oppose un projet d’avenir dont il faut apprécier toutes les implications positives, en particulier le lien entre la culture et la promotion des droits fondamentaux de l’Homme, par-dessus les frontières territoriales.

C’est dans ce sens que, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky SALL, a adressé un message fort à la communauté francophone, lors de son discours à la cérémonie d’ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie à Kinshasa, en déclarant, je le cite : « la Francophonie de la langue et de la culture fait corps et âme avec la Francophonie des valeurs de démocratie, de liberté et des droits de l’homme. De notre adhésion à ces valeurs, naît une double obligation : obligation de solidarité, et obligation de partage pour que l’espace francophone, dans son ensemble, puisse enfin poser sur l’idéal de démocratie, un regard serein et apaisé, à la fois dans les textes et la pratique. »

L’actualité illustre à merveille que cette obligation de solidarité et de partage, mais aussi la défense des valeurs communes, ne sont pas de simples déclarations d’intention.

Dans le Mali voisin, la mise en pratique d’une solidarité active de pays membres de la Francophonie a en effet permis de juguler une menace réelle, non seulement contre la stabilité des États et la coexistence pacifique des populations, mais aussi contre le patrimoine scientifique, culturel et spirituel de l’Afrique de l’Ouest et de l’humanité tout entière.

Le Sénégal, fidèle à ses principes, ne pouvait être en reste, et s’est engagé naturellement, et résolument, aux côtés de nos frères maliens et aussi des autres pays francophones, pour la défense des valeurs et du droit auxquels nous attachons le plus grand prix. En assumant son devoir de solidarité à l’égard d’un de ses membres, la communauté francophone reste fidèle à l’humanisme prôné par ses Pères fondateurs, notamment Léopold Sédar Senghor qui définissait la Francophonie comme « un projet de civilisation humaine ».

Non, Mesdames et Messieurs, il n’y a pas néocolonialisme comme l’auraient dit certains. Il y a tout simplement un élan de solidarité pour porter assistance à un membre menacé de la Communauté, et confirmer la force d’un projet de civilisation original qui vaut au delà des seuls membres de cette Communauté.

Cette ouverture à l’autre, cet humanisme fondamental, sont aussi constitutifs, Mesdames et Messieurs, du thème que vous avez choisi pour la Quinzaine de la Francophonie 2013, « Le rôle des diasporas dans la Francophonie ».

Pour une communauté fondée sur le principe du respect et de la mise en valeur de la diversité, il est naturel que la Francophonie soit également un espace d’expression des diasporas dans toutes leurs dimensions, culturelle, économique, scientifique, etc.

De fait, dans un monde de mobilité, de relations, d’échanges et de réseaux, la valeur de l’identité en tant que dynamique construite par des apports multiformes dans le temps et l’espace, devient encore plus évidente. Notre époque nous fait citoyens du monde, identités diasporiques, tant nous devenons des lieux de passage et de partage d’expériences, de savoirs et de cultures autres. Et nous offrons, en retour, ce que nous avons en nous d’essentiel, de fondateur et souvent de novateur.

Rendez-vous du donner et du recevoir disait Léopold Sédar Senghor ! La diaspora n’est donc pas déperdition, non plus aliénation. Elle est source et facteur d’enrichissement. Elle est diversité vécue dans sa plénitude et en partage.

La francophonie est son support le plus solide lorsque la langue est vecteur du choix du voyage. Et chez le voisin au sein du monde, la francophonie motive le regroupement et la solidarité. Elle le fait aussi au delà des lieux de séjour.

Je voudrais saluer à cet égard la coïncidence heureuse entre le choix du thème de la Quinzaine 2013 et cet autre événement important que constitue la célébration du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire.

Symbole d’une autre forme de diaspora, marquée par les ruptures et les meurtrissures, mais également par un engagement sans faille pour l’affirmation de l’Homme, et la restauration de sa dignité, Césaire est assurément une figure majeure de la francophonie qui aura porté le combat pour la place de l’homme noir dans le monde, avec constance, passion et ténacité, en ne perdant jamais de vue le sens de la relation à l’autre, pour la constitution d’une communauté humaine plus juste.

Mesdames et Messieurs,

Plus nous serons nombreux à mettre en adéquation les valeurs humanistes et l’action quotidienne, et plus nous instaurerons la connaissance et le respect de l’autre.

Plus nous ferons du partage des savoirs et des expériences notre boussole, et plus nous serons fidèles aux idéaux que promeut notre pays et que partage largement la Francophonie.

Nous serons ainsi nous-mêmes, en étant un peu de tous les autres, car selon l’adage wolof, seul l’homme est le remède de l’homme.

C’est fort de ces principes que le Sénégal s’apprête, sous l’autorité du Chef de l’Etat, à accueillir toute la famille francophone, à l’occasion du XVe Sommet de la Francophonie prévu à Dakar en 2014.

L’honneur que les pays membres de la Francophonie ont fait au Sénégal, en décidant de lui confier l’organisation du XVe Sommet, est aussi une sorte de pèlerinage et de retour aux sources d’une Francophonie née à Niamey, en Afrique du Sahel, théorisée et portée au pinacle de l’humanisme intemporel par Léopold Sédar Senghor. Mais depuis lors, que d’évolutions au niveau du Sénégal, de l’Afrique et du monde, sur tous les plans : économique, juridique, éducatif, culturel, environnemental et social ! Que de nouveautés dans la composition de l’Organisation internationale de la Francophonie devenue un kaléidoscope représentatif du monde actuel ! Mais aussi, que de chemin parcouru depuis le troisième Sommet de la Francophonie tenu à Dakar en 1989, et dont on se souvient qu’il fut organisé sous le magistère du Président Abdou DIOUF !

Ce retour aux sources est donc aussi un hommage à la contribution majeure du secrétaire général de l’OIF en fonction à la consolidation de la francophonie.

Et il appartiendra au Sommet de Dakar 2014 de nécessairement témoigner que la Francophonie a pris pleine conscience des mutations en cours, et à venir, tout en gardant le cap sur la défense des valeurs humanistes.

Mesdames et Messieurs,

A l’occasion du Sommet de la Francophonie et des événements importants prévus en 2013 comme les Jeux de la Francophonie, notre pays compte rester sur le chemin du renforcement de ses liens avec l’Organisation internationale de la Francophonie, et les pays membres, en ayant constamment à l’esprit la sagesse de cet autre adage traditionnel : une seule main ne saurait suffire pour applaudir.

Nous savons pouvoir compter sur la présence à nos côtés de nos amis et partenaires, convaincus que c’est bien le dialogue, la concertation et la solidarité, qui sont les meilleurs instruments du succès des entreprises collectives. Et le rendez-vous de Dakar, au-delà de son caractère institutionnel, sera également un intense moment de brassage de peuples et de célébration de la diversité enrichissante.

En vous souhaitant une excellente fête de la francophonie et en vous remerciant de votre aimable attention, je déclare officiellement lancées les activités de la Quinzaine de la Francophonie édition 2013.

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