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Cérémonie officielle d’ouverture du Forum Régional et Cotier - Discours de Madame Aminata TOURE Premier Ministre

Mardi 26 novembre 2013

Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ,
Mesdames, Messieurs les Partenaires au développement ,
Mesdames, Messieurs les Représentants de la Société Civile,
Monsieur le Directeur du Partenariat Régional pour la Conservation de la Zone Côtière et Marine,

Le Sénégal s’honore d’être choisi par le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone Côtière et Marine (PRCM), pour organiser la 7ème édition de son Forum. L’occasion m’est ainsi offerte de souhaiter la bienvenue à nos frères des pays du littoral de l’Afrique de l’ouest, aux représentants des pays amis, aux partenaires des organisations internationales de coopération, aux divers acteurs des ONG et associations de conservation.

En acceptant de co-organiser cette importante rencontre à Dakar, le Gouvernement du Sénégal veut réaffirmer son engagement résolu pour la consolidation de la coopération avec les autres pays du littoral ouest-africain, notamment dans le domaine de la conservation des ressources marines et côtières. Car, il me semble, ici plus qu’ailleurs, qu’il y a urgence à agir !

En effet, le littoral ouest africain, de la Mauritanie à la Sierra Léone, qui s’étend sur environ 2.600 km, représente une zone importante de concentration des établissements humains et des activités économiques. Malgré ses fortes potentialités, cette zone fait face depuis des années à des agressions dues à des phénomènes naturels, mais également et surtout à des actions souvent irréfléchies de l’homme.

Nul n’est besoin, devant ce parterre de spécialistes, de revenir sur les pressions que subissent les ressources naturelles et culturelles de notre littoral, ni sur les défis nombreux auxquels nous avons tous à faire face, l’Etat et ses démembrements, mais aussi, la société civile et le secteur privé.

Je voudrais seulement rappeler que le Sommet de Johannesburg avait déjà, il y a bientôt une douzaine d’années, attiré l’attention sur un certains nombre de défis, parmi lesquels on peut citer : la nécessité d’une gestion intégrée des océans et des zones côtières, l’urgence d’une gestion durable des pêches et le renforcement des organisations régionales de gestion, le développement d’approches éco systémiques pour la conservation de la biodiversité, la protection contre les pollutions, le renforcement de la surveillance et l’évaluation de l’état de l’environnement marin.

Ces défis restent aujourd’hui plus actuels que jamais et le thème du forum le montre bien : « Investir dans la conservation marine et côtière pour le bien-être des populations. »

Mais, je voudrais insister sur une condition sans laquelle, il nous sera difficile de faire face avec succès à ces grands défis. Il s’agit de construire et de consolider avec constance et détermination, l’unité, la solidarité, la tolérance et la responsabilité partagées dans le traitement adéquat de la problématique de la conservation marine et côtière.

Je note avec satisfaction que des pas significatifs sont effectués dans cette direction. La tenue de cette rencontre participe de cette dynamique.

C’est pourquoi, je voudrais saisir donc l’occasion qui m’est offerte, pour adresser à tous les organisateurs, ainsi qu’à tous les partenaires, mes félicitations les plus vives pour l’ensemble des initiatives prises et pour les résultats probants enregistrés. Vous les avez obtenus dans différents domaines de la conservation marine et côtière et avec divers acteurs : décideurs politiques, administrations publiques, société civile, chercheurs, pêcheurs, enfants, jeunes et femmes. Les performances notée vous les devez, sans doute, à votre stratégie d’action qui privilégié une approche participative, une gestion concertée et intégrée des ressources et une gouvernance partagée, qui donne à chaque acteur un rôle et une responsabilité à assumer.

C’est grâce à cette démarche que vous avez ainsi, tout au long de ces années, travaillé à façonner une vision commune du futur de notre espace partagé et à construire des solidarités dynamiques.

Mesdames, Messieurs,

Nos différents pays sont frappés par la pauvreté, mais nous avons l’avantage de vivre dans une zone dotée de richesses diverses, tant naturelles qu’humaines.

Ces opportunités, nous devons en tirer profit pour le développement économique, social et culturel de notre région. Nous devons le faire avec résolution mais également avec prudence et précaution, dans la transparence et dans l’équité.

J’ai dit « Prudence et précaution », parce que come vous le savez bien, nous sommes appelés à exploiter des richesses naturelles non renouvelables, qui, depuis des millénaires, ont été les sources de notre alimentation et qui ont façonné nos différents modes de vie.

Il ne faut pas non plus qu’on s’enferme dans un choix cornélien : la conservation ou l’exploitation des ressources minières, l’une excluant l’autre. Une telle démarche, ne serait assurément pas réaliste. Au Sénégal nous avons pris l’option d’une politique de développement économique et social qui essaie de trouver un équilibre entre la conservation, c’est-à-dire une préservation de la base des ressources naturelles et leur utilisation durable, combinée à l’exploitation rationnelle des ressources minières, y compris gazières et pétrolières.

Pour ce faire, le Sénégal a ratifié et est en train d’appliquer l’ensemble des accords multilatéraux pour l’environnement. Notre pays a mis en place des institutions et adopté des textes législatifs et réglementaires qui encadrent les activités de recherche, d’exploitation, de transport, d’importation et d’exportation des ressources naturelles et de ses dérivés. Je pourrais citer le code de l’environnement, le code minier et le code forestier.

Bien entendu, malgré ces efforts significatifs, il y a encore des insuffisances dans l’application des textes, des conflits de compétences et des lenteurs dans le fonctionnement des institutions. Nous en sommes conscients et nous essayons d’apporter des améliorations pour plus de transparence et plus de cohérence dans notre législation.

C’est dans ce sens que le Sénégal a engagé le processus d’élaboration et d’adoption d’une loi littorale qui définit le cadre de l’exploitation des ressources de cet espace si riche, mais si fragile et si convoité.

Je voudrais saluer, au passage, la démarche adoptée par le Ministère de l’Environnement et du Développement durable, et le Réseau des Parlementaires pour l’Environnement et le Développement durable, pour avoir convié tous les acteurs du littoral, à participer au processus d’élaboration de ce texte qui sera soumis bientôt à l’examen de la représentation nationale.

S’agissant de la conservation comme levier de paix et de coopération, je voudrais signaler pour m’en réjouir, que notre sous-région, malgré les conflits divers qui essaiment en Afrique, se remarque par la paix qui règne entre les pays voisins et entre les populations le long de nos frontières. Cela est dû, sans doute, entre autres, à l’existence au niveau des Etats comme des sociétés, des cadres institutionnels et législatifs, des modes de coopération, de collaboration et de dialogue, si nécessaires à une gestion non conflictuelle des ressources partagées.

Le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone Côtière et Marine, à côté d’autres institutions comme la Commission Sous Régionale des Pêches notamment, a contribué au renforcement de ces cadres.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement la coopération, je voudrais rappeler que le Sénégal a toujours fait de la coopération internationale, régionale, sous régionale et bilatérale, l’axe nodal de sa diplomatie, ceci dans le respect de nos différences idéologiques et politiques.

C’est dans cet esprit que le Sénégal est partie prenante de l’ensemble des initiatives pour la conservation des ressources naturelles du littoral.

Membre fondateur de la quasi-totalité des institutions sous-régionales, le Sénégal développe une coopération bilatérale exemplaire avec ses voisins immédiats, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée-Bissau, pour la gestion des ressources partagées grâce à des accords mutuellement avantageux et qui sont régulièrement évalués et reconduits.

Il en est de même des aires protégées transfrontalières que nous cogérons : la réserve de biosphère du Delta du fleuve Sénégal, les parcs du Saloum et du Niumi.

Le Sénégal a également participé aux processus d’élaboration de la charte Mangrove et de révision de la Convention sur les conditions Minimales d’Accès aux ressources halieutiques.

Le Sénégal est disposé à ratifier tous ces textes que nous considérons comme essentiels à la mise en cohérence de nos politiques en matière de conservation des ressources côtières et marines.

Au niveau national, le Sénégal, avec ses moyens propres et le soutien des partenaires au développement, fait face à l’érosion côtière et au pillage de nos ressources halieutiques. Il le fait en lien étroit avec nos partenaires et dans le respect des stratégies sous-régionales mises en place, d’accord parties.

Mesdames et Messieurs,

Je ne m’étendrais pas outre-mesure sur les liens entre conservation de la biodiversité, sécurité alimentaire et lutte contre la pauvreté. Mais c’est là un sujet qui interpelle le Sénégal. D’autant que l’évaluation du niveau d’atteinte de l’OMD1 « ramener le taux de pauvreté à 30% » nous renseigne que notre pays n’est encore qu’à 46.7%. Si nous voulons réduire le gap d’ici 2015, nous devrons forcément investir dans les secteurs porteurs, sur la pêche principalement. Mais pour y arriver, nous devons préserver la base de nos ressources naturelles, réduire la pression exercée sur elles, renforcer nos capacités de suivi, de contrôle, et enfin organiser mieux les filières de transformation, de transport et de commercialisation des produits de pêche.

C’est pourquoi, la ratification et la mise en œuvre de la convention sur les conditions minimales d’accès nous apparait comme une action prioritaire que nos Etats doivent entreprendre, sans délai.

Mesdames, Messieurs,

Je ne voudrais pas terminer mon adresse sans dire un mot sur le sous-thème « la jeunesse, une force à engager pour la conservation ». Il est d’autant plus pertinent que la moitié de la population de la sous-région a moins de 18 ans. La mobilisation de cette force, de ce potentiel, reste, de mon point de vue, l’un des plus grands défis que nous aurons à relever. C’est d’abord une exigence d’équité avant d’être une stratégie pour l’action. Les ressources naturelles, l’eau, l’air, les sols, la faune et la flore, constituent un patrimoine de l’humanité. Ce patrimoine, nous l’avons reçu pour en vivre, nous devons le laisser aux générations futures pour perpétuer la vie. Les jeunes vont nous aider à accomplir ce formidable dessein. Mais pour ce faire, ils doivent bien connaître et comprendre les enjeux de la conservation et acquérir des compétences et des outils pour agir. C’est là toute l’importance de l’éducation et de la communication environnementales.

Les expériences qui se sont développées ces deux dernières décennies, ont permis la mise en place de stratégies éducatives, la confection d’outils pédagogiques, et quelques avancées sur l’intégration de l’éducation environnementale dans les curricula des systèmes éducatifs.

Pour sa part, le Sénégal, dans son nouveau curriculum de l’éducation de base, a intégré l’éducation environnementale dans le sous-domaine « éducation au développement durable ».

Malheureusement cette intégration ne prend pas en charge la spécificité de l’environnement marin et côtier. Pour dire qu’il reste beaucoup à faire, en termes d’enrichissement des contenus, de formation des enseignants, de production d’outils et de supports didactiques plus adaptés. Ce chantier que le programme régional d’éducation à l’environnement (PREE) a déjà engagé, avec le soutien des institutions éducatives nationales des sept pays du PRCM, doit être mené à son terme. Car éduquer pour la conservation des ressources du littoral, c’est faire un pari gagnant pour l’avenir, celui « d’un environnement côtier et marin sain pour le bien être des populations ouest-africaines ».

Pour conclure, je voudrais profiter de cette tribune, pour adresser mes compliments à la société civile en général, et à la société civile environnementale en particulier, pour le travail colossal qu’elles accomplissent, souvent dans des conditions difficiles, pour la conservation de l’environnement. A côté des pouvoirs publics et des collectivités locales, elles apportent aux plus démunis, des appuis financiers et techniques ainsi que des outils adaptés pour améliorer leurs conditions et qualité de vie.

Je voudrais ici leur rendre hommage et leur assurer du notre soutien. Je renouvelle, également, à l’ensemble de nos partenaires, les pays voisins, les représentations diplomatiques, les organisations de coopération, nos remerciements et l’expression de notre gratitude pour leur accompagnement appréciable dans l’élaboration et la mise en œuvre de notre politique de développement économique et social. Je souhaite que ce partenariat exemplaire que nous avons développé, ensemble, s’élargisse et se renforce pour l’intérêt exclusif de nos populations et pour la paix dans la sous-région et dans le monde.

Le gouvernement du Sénégal suivra avec intérêt vos travaux et sera particulièrement attentif aux conclusions qui sortiront de ce forum. En vous souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouverte la 7ème édition du forum côtier et marin de l’Afrique de l’ouest.

Je vous remercie pour votre bien aimable attention.

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