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Cérémonie d’ouverture de la onzième biennale de l’Art Africain Contemporain

DISCOURS DE MADAME AMINATA TOURE PREMIER MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL - Grand Théâtre national, 09 mai 2014

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Madame la Présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers artistes
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais tout d’abord, au nom de Monsieur le Président de la République son Excellence Macky SALL, souhaiter la bienvenue à tous les hôtes étrangers, venus, parfois de très loin, soutenir nos combats pour l’art et la culture.

Après 24 ans (1990-2014), la Biennale de Dakar est devenue un lieu de rassemblement planétaire du génie et de la créativité plastique universelle, un lieu magnifique du brassage d’artistes de tous les horizons.

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle phase de la Biennale. Une phase de rupture où l’universalité de l’art reprend droit de cité. Elle est impulsée par une mondialisation qui rassemble les cultures dans un processus d’enrichissement mutuel.

Mesdames, Messieurs,

Lors de la Biennale inaugurale de 1990, le Président Abdou Diouf avait rendu un hommage vibrant et émouvant au père fondateur de notre nation, le Président Léopold Sédar Senghor. Il disait notamment, je cite « Monsieur le Président, l’histoire vous a donné raison, l’heure des peuples a sonné et c’est bien celle de la culture et de la liberté ».

Le Président Macky Sall, dans le même sillage, a fait tout récemment, lors de son séjour en Casamance, terre de culture ancestrale, un vibrant plaidoyer pour « la conservation impérative du patrimoine culturel, et notamment des socio cultures en raison de leur importance dans la construction et l’assomption de l’identité culturelle. En affirmant fortement la nécessité que ces cultures soient revisitées, revitalisées et revalorisées, il encourage un agenda culturel pour la promotion de ce riche patrimoine.

Ainsi, dans un contexte de célébration de l’Art, il était affirmé que l’épanouissement de l’homme dépendra des chaines qu’il aura su briser, pour s’émanciper de toutes les entraves.

Mesdames, Messieurs,

Chaque œuvre porte l’empreinte d’un génie singulier. La création est donc le lieu même de la gestation et de la sublimation des identités. Toutefois, gardons-nous de croire que cette singularité n’est que la figure hideuse d’un fossé haineux. Même si une telle évolution vers les identités meurtrières est possible, elle n’est pas fatale.

L’identité artistique est d’abord et surtout une école de la reconnaissance au respect de la créativité.

Monsieur le Ministre de la Culture et du Patrimoine,

Le Gouvernement a entrepris, sur instruction de Monsieur le Président de la République, avec l’appui des professionnels et de la société civile, de faire de la protection et de la promotion de la diversité culturelle le socle de la politique nationale de développement culturel. L’artiste doit pouvoir vivre de son art.

J’ai noté avec satisfaction les efforts que vous déployez pour bâtir une politique culturelle moderne et novatrice.

Mesdames et Messieurs,

Vous le savez, notre détermination est de placer la culture au cœur du développement économique et social de notre pays.

Je voudrais, à cet égard, vous rappeler que, grâce au brassage et au respect mutuel des identités, les arts plastiques sont un moyen sûr de concevoir et de mettre en place une politique performante de développement de l’économie culturelle. Je vous invite donc, Monsieur le Ministre, de finaliser au sortir de cette Biennale la préparation du conseil interministériel sur les industries culturelles et créatives.

Monsieur le Ministre, il est heureux que la modernisation de l’environnement juridique, à laquelle les acteurs culturels, mobilisés comme rarement, ont toujours aspiré, ait abouti à la mise en place d’une société de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins, à la satisfaction générale.

Mesdames, Messieurs,

L’entreprise que voilà s’accompagnera de programmes particuliers non seulement de formation et de renforcement des capacités des managers d’entreprises et industries culturelles, mais encore de cadre d’épanouissement pour la créativité et la création féminines, un égal accès de tous à la vie culturelle. C’est ainsi que, par exemple, nous nous emploierons à ce que chaque collectivité locale soit dotée d’au moins un musée, un théâtre, un cinéma et autres espaces d’exposition.

Chers Artistes,
Mesdames, Messieurs,

Le thème des expositions de cette édition, « produire le commun » est très symbolique. Car, on ne le dira jamais assez, l’art rapproche les peuples. C’est un lieu de dialogue culturel où chaque artiste participe à donner ce qu’il a de particulier et à recevoir ce que les autres ont à lui offrir. Avec la mondialisation, les voyages, les artistes se créent une identité́ plurielle à partir de leurs différentes rencontres.

Ce brassage culturel semble être un gros avantage pour tisser des liens entre les peuples. Les arts plastiques africains constituent désormais un enjeu international. On les présente ainsi comme le modèle d’une mondialisation réussie.

C’est dans cette rencontre du Même et de l’Autre que l’art africain s’invente une nouvelle identité. Aujourd’hui, de plus en plus d’artistes sont invités dans les grands événements internationaux. La culture se présente dès lors comme le meilleur moyen pour une compréhension entre les peuples.

L’art africain se veut ainsi le modèle d’une mondialisation réussie, développée à partir des valeurs comme l’échange, la réciprocité, le respect. L’artiste est le fruit de rencontres, de mémoires et d’histoires personnelles et collectives. Il est aussi associé à un vaste mouvement correspondant à un art international. Il est à la croisée d’influences qui ne sauraient se limiter à la question de ses origines ou de son territoire. En ce sens, l’art africain s’inscrit dans une perspective spatiale et non plus seulement historique.

Un profond changement et une recomposition culturelle font que les diverses cultures nationales africaines croisent nécessairement les cultures des autres continents. L’identité de l’artiste africain se construit dans ce brassage des cultures.

Cette ouverture à l’international va lui permettre d’élargir son angle de vision, car elle lui permet de construire un nouveau regard sur l’art et sur ses pratiques, mais aussi de sortir d’une certaine recherche artistique identitaire. L’échange devrait également permettre à l’artiste de construire un véritable parcours professionnel et d’élargir son réseau.

Nous sommes tous convaincus que la culture est aussi nécessaire au genre humain que la biodiversité dans l’ordre du vivant.

Mesdames et Messieurs,

Le moment est venu d’adresser nos chaleureuses félicitations aux brillants lauréats des prix mis en compétition et de déclarer ouverte la onzième édition de la Biennale de Dakar.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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