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Cérémonie d’installation officielle du Comité de pilotage chargé de l’élaboration du Code pastoral du Sénégal et du Comité de réflexion sur la prévention et la lutte contre le vol de bétail

DISCOURS PRONONCE PAR MONSIEUR ABDOUL MBAYE PREMIER MINISTRE DU SÉNÉGAL Communauté rurale de Ndiaganiao, le 02 mars 2013

Mesdames, Messieurs les Ministres,
Honorables Députés,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Président du Conseil rural,
Messieurs les Elus Locaux,
Messieurs les Chefs Coutumiers,
Messieurs les Chefs de villages,
Excellences Mesdames Messieurs les Représentants des partenaires techniques et Financiers,
Mesdames, Messieurs les Directeurs et Chefs de Services Nationaux et régionaux,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations non gouvernementales et instituts de recherche,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations professionnelles d’élevage,
Mesdames, Messieurs les participants,

C’est avec un immense plaisir que je me trouve aujourd’hui, ici, à Ndiaganiao, présidant au nom du Chef de l’Etat, son excellence le Président Macky SALL, cette importante cérémonie consacrée à la mise en place du comité de pilotage de l’élaboration du Code Pastoral, et du comité national de réflexion sur la prévention et la lutte contre le vol de bétail.

Avant d’en venir aux raisons de ce sentiment qui m’habite, permettez-moi tout d’abord de remercier les autorités administratives, politiques, religieuses, coutumières et les populations locales pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et qui témoigne de la vitalité des habitants du terroir et de leur engagement à accompagner notre mission.

Cette cérémonie de Ndiaganiao est riche de symboles et de significations. Elle témoigne, s’il en était encore besoin, de l’importance que le Président de la République accorde au secteur de l’Elevage en raison du rôle moteur qu’il joue dans le développement économique et social de notre pays. Secteur dont nous attendons davantage, en raison de son potentiel, pour atteindre l’autosuffisance et proposer des prix plus accessibles aux consommateurs de viande qui doit également être considérée comme une denrée de première nécessité.

Rappelons en effet que la cérémonie se tient au lendemain du lancement par Monsieur le Président de la République, de la campagne nationale de vaccination du cheptel, et après celui, par mes soins, de la campagne de constitution de réserves fourragères et de lutte contre les feux de brousse.

Elle se tient également juste après le retour de Madame le Ministre de l’Elevage de Mauritanie, où elle participait à la relance des activités du Comité paritaire chargé du suivi de la transhumance du bétail, et signait le protocole d’Accord de Coopération entre le Sénégal et la Mauritanie dans les domaines de la santé animale, de la santé publique vétérinaire et des productions animales.

C’est dire, Madame le Ministre, que vous êtes entrain d’accélérer la cadence du développement intégré de l’Elevage conformément aux directives du Chef de l’Etat qui entend faire de ce secteur un modèle de croissance sectorielle et une référence dans la sous-région.

L’élaboration du Code pastoral d’une part, la conception et la mise en œuvre d’un système de lutte contre le vol de bétail d’autre part, trouvent là toute leur justification.

Mesdames, messieurs,

Sans anticiper sur les résultats du processus que nous engageons aujourd’hui, nous pouvons d’ores et déjà retenir que le futur code pastoral prendra en charge les questions urgentes du moment, et notamment :

  • les droits d’accès aux ressources pastorales (pâturages, eau, espaces) ;
  • la protection et l’aménagement des espaces pastoraux ;
  • la transhumance et la divagation des animaux ;
  • le règlement des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs et, partant, la mise en place d’un observatoire des pâturages associant les organisations concernées dans un processus de coopération et de concertation permettant de définir les couloirs de transhumance et l’utilisation des parcours du bétail.

Enfin, le Code Pastoral devra actualiser et regrouper tout l’arsenal législatif et réglementaire régissant le foncier pastoral et lié à la modernisation de l’élevage, à l’accès à la terre et à l’implantation d’unités de production animales répondant aux normes environnementales en vigueur.

Telles sont d’ailleurs les raisons pour lesquelles le démarrage imminent des travaux de la commission sur la réforme foncière présidée par Maître Doudou NDOYE, suscite un grand intérêt pour le secteur de l’Elevage.

Mesdames et messieurs,

Je puis vous dire que le vol de bétail est considéré comme l’un des grands maux dont souffre l’élevage au Sénégal, et cela justifie la détermination du Gouvernement et de Madame le Ministre à réaliser les engagements pris par le Chef de l’Etat pour combattre avec la plus grande énergie cette forme de banditisme particulier et nuisible.

Déjà le 14 juin 2012, lors du Conseil des Ministres décentralisé tenu à Kaolack, son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, demandait la mise en place de stratégies appropriées de lutte contre ce fléau, dans une approche mettant en synergie toutes les initiatives locales et les bonnes pratiques.

Plus récemment, lors du lancement de la campagne nationale de vaccination du cheptel, à Koung Koung Sérère, le Chef de l’Etat s’est de nouveau appesanti sur la question.

Aujourd’hui, le choix de Ndiaganiao traduit l’hommage qu’il convient de rendre à l’engagement de Parlementaires qui, sur plusieurs législatures, se sont impliqués dans la prévention et la lutte contre le vol de bétail.

La présente cérémonie doit donc marquer un tournant décisif devant nous conduire vers un changement de paradigme dans la gestion de l’espace pastoral et la sécurisation de notre cheptel, à travers un processus de concertations entre différents acteurs du développement rural.

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi d’évoquer quelques mesures qui m’apparaissent nécessaires comme devant être menées contre le vol de bétail, dans son déplacement du village à la ville :

1. Il nous faut accepter l’identification du bétail et le principe de l’assurance du cheptel ;

2. Nous devons mettre en place des comités de vigilance contre le vol de bétail, à l’image des comités de sécurité de proximité prônés par le Chef de l’Etat ;

3. Nous devons lutter de manière énergique contre les abattages clandestins qui accueillent les bêtes volées, et mettent en danger les consommateurs de viande. C’est un combat collectif, et qui concerne également l’acheteur de cette viande que l’on peut qualifier de haram ;

4. Il sera indispensable de réfléchir à la mise en place d’une législation et d’une règlementation adaptées, et à cet égard, le Gouvernement, à travers le Ministère de la Justice, apportera son soutien sans faille dans l’application de la directive présidentielle de modifier le Code pénal et le code de procédure pénale, dans le sens d’un alourdissement des peines appliquées et sanctionnant le vol de bétail ;

5. Toutes les méthodes de lutte, traditionnelles et / ou modernes avec l’utilisation des nouvelles technologies de l’information, devront être mises en œuvre et renforcées par des campagnes d’information et de sensibilisation.

N’oublions pas cependant qu’une grande part de la solution aux problèmes qui seront abordés au sein des Comités trouveront leurs solutions dans une modernisation, non pas de la seule lutte contre les tares et difficultés qui auront été recensées, mais aussi de nos méthodes pastorales elles mêmes.

En effet, la stabulation n’est-elle pas la réponse à une réduction des espaces libres du fait de l’urbanisation et de l’extension des terres mises en culture ? N’est elle pas la réponse à l’absence de clos lorsque l’on a fait le choix de la transhumance ? Aussi la réponse aux nombreux conflits entre éleveurs et agriculteurs dont les champs sont traversés par le bétail en déplacement ?

L’abattage sur les lieux d’élevage dans des abattoirs modernes et le transport de la viande, à l’exemple de ce que font les mareyeurs pour le poisson, ne sont-ils pas les justes réponses au vol du bétail en déplacement du village vers la ville confié à de frêles et jeunes bergers ?

Mesdames, Messieurs

Nous attendons vos réponses à ces questions, et à d’autres. Elles aideront à définir l’ensemble du dispositif qui sera mis en place par le Gouvernement, un gouvernement déjà engagé à trouver des solutions à ces problématiques. Et c’est pourquoi je ne saurais terminer sans saluer et magnifier l’important travail mené par la justice, la police et la gendarmerie nationale, avec l’appui des organisations et associations au niveau communautaire, dans la lutte contre le vol de bétail, et qui a fait baisser, très sensiblement ce fléau, sans oublier celui tout aussi important réalisé dans la résolution des conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs.

Pour maintenir cette dynamique positive, je vous invite tous, réseau des parlementaires contre le vol de bétail, administrations, Associations et Organisations Professionnelles d’Eleveurs, autres membres du Comité national de réflexion sur la stratégie de lutte contre le vol de bétail, à rester unis autour de l’essentiel afin de collaborer de façon pérenne, pour faire face à cette gangrène qui affecte notre élevage. Le Gouvernement compte sur vos réflexions, et vos recommandations qui devront faire l’objet d’un plan d’actions dont la mise en œuvre appellera la contribution de toutes les institutions concernées.

Cette réflexion prendra également en compte les dynamiques déjà initiées au niveau des zones frontalières.

Je voudrais enfin réitérer, au nom du Gouvernement, mes sincères remerciements aux populations et au président de la Communauté rurale de Ndiaganiao, pour leur accueil si chaleureux, aux partenaires techniques et financiers pour l’appui important qu’ils ne cessent d’apporter pour le développement de l’élevage, aux pionniers de cette lutte que sont les éleveurs de toutes les régions du Sénégal, les Parlementaires, les organisations de la Société Civile, les associations de lutte contre le vol de bétail à l’instar de celle de Ababacar BITEYE qui a déjà mis en réseau plus de 1000 villages dans la région de Kaolack, et celle de Amadou Sow qui intervient dans la région de Fatick en partenariat avec Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre.

Mesdames, Messieurs,

Je déclare officiellement installés le Comité de pilotage de l’élaboration du code pastoral ainsi que le Comité de réflexion sur la prévention et la lutte contre le vol de bétail,

Et vous remercie de votre aimable attention.

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